Que deviens-tu Yohan Betsch ?

Que deviens-tu Yohan Betsch ?


Que deviens tu ô toi ex-Grenat.  

La Grenat Factory, dans un souci de devoir de mémoire, part à la rencontre des anciens joueurs du FC. Qu’ils soient retraités, joueurs en fin de vie ou vendeur chez Décathlon, aucune discrimination positive n’est faite chez nous. A la Factory, on a décidé d’aller à la rencontre des dinosaures pour en savoir plus sur eux et pour en apprendre plus sur notre club. Vous le savez le FC Metz c’est nous.
Pour inaugurer cette rubrique, rien de tel qu’une interview made in BFM TV. Nous sommes partis à la rencontre de Yohan Betsch.

Pierre Ménès et Bafé Gomis

Pierre Ménès et Bafé Gomis

Yohan, tu peux nous expliquer ton rapport au football et ce qui a fomenté la possibilité chez toi de devenir un joueur pro ?

Je suis venu au football lorsque j’avais 8ans, avant cela je me destinais à faire de l’athlétisme. À force de côtoyer des chérubins qui tapaient dans un ballon en bas de chez moi j’ai décidé de faire pareil.

Je n’ai pas fait de centre de formation j’ai joué au Racing Colombes en Île-de-France. J’y ai effectué toutes mes classes en jouant en 16 nationaux et en 18 nationaux notamment. Quand j’ai eu 17 ans j’ai été sélectionné avec l’équipe fanion en CFA. Forcément ça dénote, puis à Paris il y a beaucoup de recruteurs. Je me suis donc vite fait repérer par un recruteur du FC Metz. Tout s’enchaine rapidement car c’est Francis De Taddéo qui s’est déplacé pour me signer. On a été manger une pizza sur les Champs-Elysées, il m’a vendu du rêve, sans jamais rien me promettre. Je signe un contrat stagiaire d’1 an dans la foulée à Metz pour intégrer le groupe CFA de José Pinot tout en m’entraînant avec le groupe professionnel. Ma signature remonte à 2006, le club est redescendu en Ligue 2 et De Taddéo c’est un formateur. Il voulait à sa disposition un groupe très élargi. À l’issue de la saison Metz est champion, moi je signe pro j’ai 19 ans tout va bien.

La remontée en Ligue 1 s’accompagne d’une saison très compliquée sur le plan sportif, quel est ton ressenti pour toi qui signes ton premier contrat pro’ ?

De Taddéo se fait licencier en décembre, un nouveau coach arrive en la personne d’Yvon Pouliquen. Pour moi et pas mal de jeunes qui avaient des petits contrats pro d’une saison ou deux, ça sonne le glas. Pouliquen réduit son groupe, je vais m’entrainer avec la CFA jusqu’à la fin de saison. Je n’ai pas eu ma chance du coup je quitte le club car mon contrat s’achève.

Comment se passe ton après FC Metz ? Tu t’accroches toujours à ce rêve de rester et de demeurer un footballeur professionnel ?

Je suis en contact avec des clubs d’l’Ile de France dont notamment le Paris FC et l’US Créteil, deux clubs en national. Finalement je signe à Créteil qui avait le statut pro ’malgré le national. J’effectue l’intégralité des matchs, j’en tape 46 en tout avec les coupes. D’ailleurs on a fait un 1/8 contre Nice au Stade du Ray. On manque la montée de peu, on finit 4è derrière Evian, Reims et Troyes. Puisque c’est la seconde saison de Créteil en national, la descente s’accompagne de la perte du statut professionnel mais je décide de rester.

On réalise alors une bonne deuxième saison sur le plan collectif, on rate encore la montée de peu. Moi je me blesse : ma première grosse blessure en février. Je subis une rupture du ménisque. Cette année-là, on avait une bonne équipe mais trop juste pour aller titiller encore une fois les trois gros, on était trop juste. En plus il y a Mathieu Duhamel qui se révèle, il va lancer sa carrière il va être notre goleador. Il va lui aussi connaitre une blessure, ce qui nous causera du mal offensivement. On avait un effectif trop juste, on était 19 joueurs.

Eternel 4è tu décides de partir, en suivant ton entraineur de l’époque vers le club de la cigogne ? Pourquoi eux ?

Tout à fait, Laurent Fournier était mon coach à Créteil. Il s’engage à Strasbourg et il m’emporte dans ses bagages ça s’est fait comme ça. Strasbourg est un club qui venait de descendre de Ligue 2, ça restait un gros club avec l’opportunité de garder un contrat professionnel. Au final, au bout de 8 jours, lors du tout premier match amical je me blesse, ça m’est fatal : les ligaments croisés, j’en ai pour 6 mois.

J’apprends dans le même temps mon contrat n’est pas homologué car Strasbourg a des problèmes d’ordres financiers. C’est un peu la merde. Du coup je suis dans le flou mais un homme va être là pour moi et c’est « Lolo » (ndlr: Laurent Fournier). Il vient à mon secours et s’arrange auprès des instances dirigeantes du Racing pour que je signe bien mon contrat à Strasbourg alors que ni lui ni le club n’étaient obliger de le faire. Je reprends lors d’un déplacement à Gap en février. Je débute enfin ma saison avec le Racing Club de Strasbourg et j’enchaine mes matchs. La saison se termine, on est encore 4e. L’année-là, ça été un peu le bordel parce qu’on est 21e équipes. Notre destin ne nous appartient plus, on ne joue pas le dernier match puisqu’on est exempt. On a deux points d’avances sur Guingamp. L’EAG se déplace à Rouen et s’ils gagnent c’est eux qui montent. Finalement ils remportent le match à Rouen 3-0. Pour le Racing la remontée était impérative, malheureusement ce n’est pas le cas ce qui entraine le dépôt de bilan et je me retrouve à nouveau libre.

Tu sors d’une saison tronquée avec Strasbourg car tu as une connu une grosse blessure, mais on te retrouve à nouveau au FC Metz en Ligue 2 a l’issue de l’été. Comment ?

al_368_betschmpira

Crédit photo : FC Metz

Je la dois à une personne, en l’occurrence Mathieu Duhamel. Il venait de passer une demi-saison étincelante à Metz, où il était prêté. Il est en état de grâce auprès du coach de l’époque, il lui parle de moi. Le coach me signe. Les choses sont claires je suis là pour doubler les postes. Je signe sans rien demander. C’était inespéré pour moi de retrouver un club de cet acabit et en l’occurrence Metz. J’étais heureux. C’est une saison où je vais jouer crânement ma chance. Lors de certains entrainements j’ai ce qu’on appelle « l’état de grâce » chaque ballon que m’expédie à l’époque Yéni ou Bouna c’est au fond. Je gagne mes galons aussi par la suspension de Fleurival ou Guerriero. Là je dispute mes matchs à Saint Symphorien. J’intègre le 11 de départ. C’est une chose importante à dire. Je n’ai jamais triché à Saint Symphorien, j’ai toujours donné mon maximum. Ça va un peu moins bien pour moi ensuite puisqu’on perd, on est dans une spirale un peu plus négative et je sors du 11. La fin de saison est ce qu’elle est, pas la peine d’y revenir on se rappelle tous…

Enfin pour le dernier match les supporters ne voulaient plus entendre parler de Bijotat ou des Duhamel,Guerriero et consorts. Je joue donc ce dernier match à l’issue duquel, Carlo vient me trouver dans le vestiaire et insiste sur le fait que je dois rester au club pour être le capitaine la saison prochaine d’Albert Cartier. Il m’explique que le club a besoin de moi pour faire le lien entre les jeunes joueurs et les plus expérimentés (par respect pour l’âge désormais avancé de M. Betsch ainsi que Pan j’ai volontairement omis le fait de dire des vieux.).

Mais finalement tu décides de quitter Metz pour Laval ?

Oui, je le regrette car M. Molinari c’est une personne, c’est une icône du football, ce n’est pas quelqu’un lambda et le fait de l’avoir « trahi » cela m’a fait du mal. Ça allait contre mon éthique. Néanmoins Laval me proposait 3 ans de contrat, j’avais envie de me poser, moi et ma femme on était lassé de sans cesse être dans le flou et de devoir déménager. Ce contrat de 3 ans était pour moi comme une sécurité, un moyen de souffler sur l’avenir. Je signe à Laval donc ou Philippe Hinschberger me voulait et il se met d’accord avec Albert Cartier afin que je puisse partir libre.

Que retiens tu finalement de tes passages successifs au FC Metz ?

Je retiens que du positif, pour moi Metz est une ville superbe et a un club important dans ma carrière. Mon fils y est né et ça, ça a un impact. Comme je l’ai dit je n’ai jamais triché à Saint Symphorien. Avec ma femme on a adoré Metz. Dans ma carrière, nos villes marquantes ont été Metz et Clermont.

Toi qui rêvais de stabilité tu ne restes finalement qu’une saison à Laval pour t’engager ensuite à Clermont, serais-tu fou ?

En réalité, Laval en fin de mercato recrute Oscar Ewolo, on joue au même poste, il vient d’un club de Ligue 1. Il a la préférence de l’entraineur c’est son choix, je le respecte. La saison se passe je ne joue pas énormément (13 matchs titulaires). En fin de saison, le club souhaite me prêter je refuse et à force de dialoguer je finis par résilier, le club m’octroie un chèque qui me permet de financer mon mariage et je m’engage à Clermont.

Yohan Betsch expliquant le théorème de Thales en conférence de presse crédit photo : Clermont Foot Auvergne

Yohan Betsch expliquant le théorème de Thales en conférence de presse
crédit photo : Clermont Foot Auvergne

De Clermont à Tubize l’expression nouvelle voudrait qu’on dise qu’il n’y a qu’un pas ? Tu confirmes ?

Il y a un peu plus qu’un pas en réalité ! Je suis resté deux saisons à Clermont avec une première aboutie sous les ordres de Régis Brouard. A la fin de ma première saison, le coach décide de ne pas prolonger. L’on voit signer Corinne Diacre. Je perds ma place, je pense que sur le plan professionnel, elle et moi on ne s’est jamais compris. Peut-être cela est dû à nos perceptions de la vie je ne sais pas. En tout cas je n’ai pas de rancœur envers quiconque. Je ne suis pas comme ça je passe rapidement à autre chose et j’essaie de ne voir que le positif. J’avais signé pour deux ans au Clermont Foot Auvergne et à l’issue de la deuxième, je sais que je ne serai pas prolongé donc je pars libre en vacances avant d’entamer ma reprise avec l’UNFP.

A 28 ans tu vas connaitre ta première expérience à l’étranger. Cette décision était-elle un souhait ou une façon pour toi qu’on te reconnaisse à ta juste valeur en suivant l’adage « Nul n’est prophète en son pays » ?

L’étranger ne m’a jamais fait peur, mais en même temps je n’ai jamais eu un salaire à 5 chiffres, je suis quelqu’un de simple et j’anticipe beaucoup. Par exemple, à 19 ans, quand je signe à Metz mon contrat stagiaire je m’imagine déjà une hypothétique reconversion. La situation est que j’ai des propositions en France mais principalement pour du national. On arrive fin juillet et les clubs de Ligue 2 intéressés peinent à vouloir concrétiser les choses. Le marché des transferts est de plus en plus compliqué. Du coup, je m’engage à Tubize fin juillet 2015, ou le directeur sportif est un ancien du Racing. Le projet sportif est intéressant. Le club a été racheté par un millionnaire sud-coréen qui souhaite développer le club afin de le faire monter en Jupiler (D1 Belge). Je m’y retrouve à tous les niveaux, j’ai donc décidé de sauter le pas et de signer à Tubize.

Tu signes à Tubize et tu te blesses en coupe le 22 Aout, serais tu poissard ?

A vrai dire je ne sais pas, dans tous les cas je sais juste que cette blessure me fait chier, le protocole je le connais. Désormais avoir les ligaments croisés ce n’est plus un gros mot. Ça se soigne assez facilement. J’avais des bonnes sensations je débutais bien. J’avais envie de réaliser une bonne saison après celle en demi-teinte que j’ai pu connaitre à Clermont. Mais les choses ne vont pas toujours dans notre sens. Le club finit 4è encore !

Qu’est-ce que la Grenat Factory peut te souhaiter pour cette nouvelle saison ? Si ce n’est éviter de te blesser tôt et de finir 4ème ?

A part me souhaiter de faire une saison pleine et la montée je ne vois pas !

Yohan Betsch capitaine de l'AFC Tubize avec Kevin Levieux crédit photo : FC Metz

Yohan Betsch capitaine de l’AFC Tubize avec Kevin Levieux
crédit photo : FC Metz

Plus sérieusement, on a effectué une préparation en Corée justement ou lors de notre match face à Metz on était un peu KO. On a appris à devenir une équipe, à créer une osmose. Aussi il y a eu un changement d’entraineur. Dans l’affaire je suis nommé capitaine et je retrouve Régis Brouard que j’avais eu à Clermont. Il me laisse le capitanat, pour le moment cela se passe bien on a effacé notre mauvais début de saison nous ne sommes plus qu’à deux points du leader. On comptabilise 7 points après avoir mal commencé avec un nul et deux défaites. La on reste sur deux victoires de rang.

Justement pour parler de la Proximus League, peux-tu expliquer aux fidèles parmi les fidèles de la Factory comment se passe le règlement de ce championnat ? C’est encore une histoire belge…

Alors c’est un peu compliqué j’en conviens, mais disons que c’est un championnat qui réunit 8 équipes avec le statut professionnel. On s’affronte quatre fois et il y a deux phases de championnat. Un peu comme en Amérique du Sud avec le tournoi d’ouverture et de fermeture. Si, imaginions, nous finissons champions des deux phases, en février nous sommes en vacances et en D1 Belge. Cerise sur le gâteau, on pourra participer à une ligue fermée permettant d’évoluer en Europa League dès la saison 2017/2018. C’est assez étrange mais c’est ainsi et si cela peut nous sourire alors fonçons !

Enfin à l’aube de tes 30 ans tu envisages déjà une reconversion professionnelle, comptes tu rester dans le milieu du football notamment ?

Oui j’y réfléchis. Je cherche à passer le BAFA et pourquoi travailler auprès une ville comme animateur ou coach. Le fait d’avoir été un footballeur professionnel apporte du crédit à ta candidature. Je me vois bien dedans je ne suis pas quelqu’un qui pourrait rester assis toute la journée devant un ordinateur. Ce n’est pas mon tempérament, je suis quelqu’un qui a besoin du relationnel. Je reconnais qu’un footballeur gagne bien sa vie si l’on ose une comparaison. Je suis fier d’avoir pu  réaliser cette carrière qui n’est d’ailleurs pas finie. Et cela ne me pose aucun problème de retrouver une vie simple. Je suis de toute façon quelqu’un de simple.

Coach yé souis Betschinho la Jupiler League c'est droit devant crédit photo : l'avenir.net

Coach yé souis Betschinho la Jupiler League c’est droit devant
crédit photo : l’avenir.net

Il est l’heure enfin de faire le Betsch à Betsch : le principe est simple deux propositions tu en choisis qu’une tu as le droit à un joker sur l’ensemble.

T’es plutôt nonante ou quatre vingt dix ?

– #Teamquatrevingtdix

T’es plutôt Betschinov ce joueur émérite de l’est ou Betschinho le maestro svelte sur la plage de copacabana  ?

Betschinho ! Quelle question !

T’es plutôt Pierrick Cappelle ou Manu Imorou ?

Pierrick Capelle

T’es plus Strasbourg ou Metz ?

Metz et sans vouloir faire de la lèche !

On notera la non-utilisation de joker. Quel homme. Merci à Yohan pour sa disponibilité, sa gentillesse à toute épreuve et à son maillot qu’il a offert à votre rédacteur.