Bordeaux : une marche (déjà) trop haute

Bordeaux : une marche (déjà) trop haute


Nous voilà de retour à St-Symphorien, presque un mois après le joga bonito observé contre Angers. Entre trêve internationale et calendrier visant clairement à déstabiliser l’équipe messine dans la quête du titre (mais que nenni, c’est pas des canaris et des mecs à qui il manque une tribune qui vont nous faire chier), c’est avec hâte que nous accueillons les Girondins de Bordeaux.

Le Hinsch mise sur la continuité même s’il est vrai qu’avec 4 titulaires potentiels sur le flanc, c’est de suite plus difficile de faire tourner. Seul changement notable : le Hinsch et son staff ont eu un éclair de génie et décident de titulariser sur le flanc droit un véritable ailier, et non pas un 9 (Diallo) qu’on adore tous mais qui a le touché de balle d’un joueur de D2 luxembourgeoise. Deux autres changements, mais moins surprenants, nous permettent de contempler Florent  » Paul Scholes  » Mollet en lieu et place de Doukouré, exclu à Dijon pour avoir laissé ses neurones aux vestiaires (mais si tu nous lis, on t’aime bien quand même Cheick), et Ivan Balliu, remplaçant un Rivierez blessé lors de la dernière séance. Devant cette cascade de blessés et autres joueurs pas encore prêts, le plan de jeu reste le même qu’à l’extérieur : présenter un bloc bas, agressif, misant sur la percussion des couloirs et les qualités de transmission de Cohade et Mollet pour se projeter rapidement vers l’avant.

UN FC METZ LIMITE

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Ça a marché. Pendant grosso modo une demi-heure. Les Bordelais ont bien une ou deux situations dangereuses mais dans l’ensemble, c’est contrôlé et notre bloc leur fait faire pas mal de déchets techniques, que le FC exploite généralement assez bien en se tournant rapidement vers l’attaque. Comme à Dijon, on a l’occasion de marquer un ou deux buts, notamment cette frappe de Mollet détourné par Carrasso. Malheureusement, on se fait avoir à notre propre jeu, en contre. Fermez les rideaux, plus rien à voir. En seconde période, les rôles s’inversent. Bordeaux instaure un certain pressing et se contente d’opérer en contre, ça marche vu qu’on aura qu’une seule occasion. Eux nous puniront encore deux fois, sur un contre et un pénalty bêtement concédé par le jeune Seydi. Jamais les joueurs messins n’auront paru en capacité de renverser le match, faisant preuve d’un déchet technique assez impressionnant, et d’un jeu stéréotypé au possible, qui consistait à voir les deux ailiers percuter les lignes bordelaises pour finalement revenir derrière avec un milieu. Frustrant, car on a l’impression que Bordeaux n’a pas eu à forcer énormément à partir du moment où ils ont ouvert le score. Frustrant, car après un début de saison canon, on se prend les limites actuelles de l’équipe en pleine poire.

QUELLES LIMITES ?

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Et bien déjà, des limites quantitatives. Sans réponse, accumulant les mauvaises passes et les courses inutiles, avec des Cohade et autre Sarr clairement de plus en plus fatigués, qu’avait comme solution Hinschberger ? Seydi, un jeune qui n’a connu que la CFA2 et s’entraîne avec le groupe pro depuis peu; Thill qu’on ne présente plus; Diallo qui souffre clairement de ses lacunes techniques sur ses rentrées, ou encore Philipps. C’est léger. Très léger. L’autre limite, elle est tactique et est bien plus dérangeante. Le plan de jeu a déjà été dit : offrir quelque chose de compact et agressif derrière, aller vite devant. Grossièrement. Et après ? Rien. On a l’impression que c’est le seul plan de jeu préparé et qu’on a absolument aucune solution de rechange derrière. On l’a vu mercredi, outre les changements, aucune réelle modification dans l’animation. Le passage de 433 au 442 puis 4231 n’a jamais corrigé les carences offensives. On peut de plus se demander du pourquoi de la sortie de Mollet (très énervé par sa sortie), qui était en jambes, montrait des choses intéressantes, alors que Mandjeck avait un déchet allant crescendo, au même titre que Cohade, dont la fatigue montait proportionnellement à sa nervosité. De plus, les latéraux n’offrent rien et c’est une des raisons à ce jeu stéréotypé : Signorino et Balliu ne se sont que rarement REELLEMENT porté vers l’avant et se sont montrés très empruntés défensivement, voir absents.

Alors, que faire dans l’avenir ? Dans l’avenir proche (Montpellier samedi), rien. Lejeune, Jouffre et N’Guette seront toujours out. On peut toujours espérer que les probables titularisations de Bisevac et Assou-Ekotto apporte plus de solidité. D’ici au match contre Monaco, Jouffre et N’Guette seront en revanche de retour, Lejeune suivra de très près. Il sera alors intéressant de voir les transformations apportées. Jouffre apportera de la justesse technique, N’Guette et Lejeune ont plus d’expérience en tant qu’ailiers, aussi sans doute plus de ballon et apporteront sans doute plus de latéralité au jeu messin. On verra à ce moment si le Hinsch a d’autres cartes dans sa poche.