Aux armes Hinschberger

Aux armes Hinschberger


Ce matin, je n’ai que moyennement envie de parler football. Ce serait de toute façon impossible car il faudrait encore qu’il y ait matière à parler foot et le Philou national ainsi que l’ensemble de son groupe ne nous en donne que très (rajouter 10 très) rarement l’occasion. Tant mieux, je n’avais pas envie de passer mon dimanche matin à analyser la tactique d’un gars qui donne le capitanat à Doukouré devant près de 20 000 personnes.

LES VALEURS MESSINES

C’est ce qui revient dans les discours. On commence à avoir l’habitude tant on nous sert cette soupe à toutes les sauces (ouais je sais, y’a pas de sauce dans la soupe mais on regarde le foot, pas Cauchemar en cuisine). Mais c’est quoi, les valeurs messines ? En vrac, sans trop réfléchir, ce serait un mélange d’agressivité, de défi physique et de spontanéité. Des qualités vues hier soir, où les Monégasques, qui en une passe ont mis nos trois milieux sur Namek, ont pu apprécié l’agressivité messine. La spontanéité aussi, quand Cohade et Falette se prennent la tête dans la foulée car d’après l’ex-Stéphanois, il semblerait qu’en plus de tenir la défense tout seul, Falette soit aussi obligé de tenir le milieu.

De manière plus sérieuse, Hinschberger se trompe. Les valeurs messines, tu peux les invoquer si tu veux. Pas de problème. On attend que ça, nous, en tribunes. Mais les valeurs messines comme tu dis, ce n’est pas d’attendre derrière en serrant les fesses. Mais je te comprends Philou. Avec du recul, on se dit qu’au final, ces  » valeurs messines  » sont une belle excuse pour les entraîneurs comme toi qui, malgré toute leur bonne volonté, toute leur envie de bien faire, sont bien limités. Demander aux joueurs d’être agressif, de bien défendre en bloc et de se tenir la main contre vents et marées, c’est toujours plus simple que d’imaginer des plans de jeu pour venir entre les lignes, créer des décalages pour que nos ailiers prennent la profondeur, ou imaginer des circuits de passes pour que le milieu adverse soit éliminé plus rapidement qu’en 10 minutes. Alors bien sur Philou, la huitième journée est bouclée, et tu n’as toujours pas pu aligner ton équipe-type. C’est problématique et on en tient compte. Mais ça devient d’autant plus compliqué quand tu t’efforces à aligner les mêmes joueurs, dans le même plan de jeu, et donc, quelque part, quand tu t’enfonces dans les lacunes actuelles sans essayer d’y trouver la solution. La Ligue 2, c’est fini. Les matchs au couteau tiré contre les grands baobad d’1m93 de Créteil, ça n’existera pas cette année.

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LES LACUNES

La principale lacune, on l’a dit, vient de ce que représente dans l’imaginaire du Hinsch, les fameuses  » valeurs messines.  » Pour lui, elles signifient attendre derrière en étant le plus solide possible. Non, ce n’est pas ça. C’est aller chercher l’adversaire, le prendre à la gorge et se projeter rapidement sur le but adverse, le tout en bloc. L’autre lacune, elle est individuelle. Les latéraux (Signorino et Balliu) ne montent jamais et sont bien trop empruntés défensivement parlant; le milieu surtout est trop limité et sa faiblesse est représentée par un homme : Cheick Doukouré. L’Ivoirien a le capitanat, c’est donc lui qui représente, en tant qu’homme et joueur, le FC Metz. C’est donc un joueur emprunté physiquement, sans imagination dans ses choix et extrêmement fébrile mentalement que Hinschberger a choisi pour représenter les saintes  » valeurs messines.  » On comprend alors mieux la bouillie de football observée depuis le début de saison. Ce milieu manque de ballon, manque d’impact. En l’absence de Jouffre, Cohade est le seul à se charger de la relance, Mandjeck est seul en sentinelle, et entre les deux, personne.

Alors ce matin, on se réfugiera. On dira qu’il y avait encore trop d’absences, et c’est vrai. On dira qu’on est 7ème avec 13 points, qu’au pire, on sera 9ème, et c’est vrai. Qu’on aura 6 points d’avance sur le 18ème et qu’après 8 journées, c’est pas si mal. Et c’est vrai aussi. Que tout va bien vu que Nancy creuse encore un peu plus et se retrouve bon dernier. Et on en tirera la conclusion – fausse – que ce début de saison est pas si mal.

Monsieur Hinschberger, vous êtes souvent très juste dans vos analyses. Il serait temps de les mettre à profit de votre équipe, de votre club, et de ses supporters qui ont prouvé, hier soir, qu’ils méritaient mieux qu’une équipe qui tend les fesses et abandonne à la première difficulté. Faîtes nous vibrer, qu’on puisse fièrement gueuler  » Ici c’est Metz  » après que Mandjeck ait amputé des deux jambes sans anesthésie un joueur adverse.

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