FCM – ASM : Pour l’histoire

FCM – ASM : Pour l’histoire


En ce premier jour d’octobre, Saint-Symphorien va gronder pour la réception de Monaco dans ce match crucial entre deux candidats à la qualif’ en ligue des Champions. Metz sort d’un match frustrant mais gagné face à Montpellier tandis que Monaco de son côté à bouffé ses molaires face aux Allemands de Leverkusen en LDC. Un match placé parfaitement pour Metz sur le papier si l’on comptait sur la fatigue Monégasque pour se donner de l’aplomb.
L’aplomb on a bien fini par l’avoir, mais dans l’aile.

Mucus Footbal Club

Les fesses encastrées dans mon canapé, armé d’une boisson chaude et d’un régiment de mouchoirs, de telles conditions de regardure proche de celle du Journal du Hard ne présage que d’une chose : La maladie. Cette même maladie qui m’empêcha de rejoindre une partie de l’équipe de GF sur le terrain pour assister à la rencontre, cette même maladie qui m’empêcha de choper Amélie Courtin en 5ème C du collège Louis Pasteur, il y a de ça une quinzaine d’année.
Le match va commencer, la compo’ s’avance sur mon téléviseur et je vois une doublette Hein-Sarr sur chaque aile. Le premier touche mon cœur avec une plume, le deuxième loupe constamment mon cœur et me la fourre dans l’œil, ça peut le faire n’empêche.
Doukouré, Mandjeck et Cohade s’occuperont de récupérer le ballon et de le transmettre tandis que Falette accueillera Bisevac à sa droite avec Signorino et Balliu en latéral pour décorer.
A chaque extrémité du terrain les indéboulonnables Didillon et Erding.
On est encore une fois loin de l’équipe type, loin d’une once de plan de jeu ficelé, mais c’est l’équipe du Philou alors on verra bien où ça nous mène. Serrons les fesses et prions.
Le match va commencer, je suis tendu et affûté, prêt à apprécier l’ambiance de Saint-Symphorien depuis la télévision.

Une mi-temps et puis voilà.

Le match commence avec une bonne intensité côté Grenat, un peu comme contre Bordeaux, on se montre conquérant et on essaie de faire plus que de contenir les possibles attaques adverses. Bisevac se prend un petit carton jaune au bout de quatre minutes (profitez de cet action de Milan car vous n’allez pas le revoir du match). Après 5 minute de jeu on se dit qu’on est pas si mal dans la cour des grands, que sur un malentendu on peut peut-être en glisser un.
Et c’est là que la Ligue 1 rattrapa mes espérances aussi vite qu’Émile Louis les clés de son bus : 7ème minute de jeu, Touré centre dans le paquet et met en péril l’avenir du couple Falette-Didillon qui commençait à jouer à touche-pipi-bondage au premier poteau. La balle interrompt les deux amours en les heurtant l’un puis l’autre et fini par atterrir dans les pieds de Lemar qui score tel un enfoiré d’adversaire. Quel manque de cœur.

lemar
Lemar sur sa célébration de but, pas très Fair-play.

On est dans le dur dès le début du match, c’est difficile de se gargariser (d’autre chose que du foutre Monégasque venant de la tribune visiteuse) et de se mettre en avant. L’arrière garde pue la défaite malgré un Simon Falette entreprenant et patronisant.
Metz dans le jeu n’est pas si mauvais comme on aurait pu le craindre, Monaco a marqué sur sa première grosse occasion et nos joueurs manquent juste pour le moment d’efficacité. Et de talent aussi un peu.

23ème minute de jeu et Germain, sur un une-deux de folie avec Moutinho, nous met un deuxième but du bout de son cheveux sur la langue. Sur l’action, on voit Falette demander à Cohade de resserrer son marquage sur le monégasque mais celui-ci laisse filer, devinez lequel des deux avait bien senti le coup ? Le flair défensif de Falette n’est plus à prouver, mais le flair cognitif de Cohade est à présent à mettre en doute. Auparavant confortablement assis dans mon fauteuil, j’y suis désormais crispé et j’insulte des génitrices.
A noter le tacle de chauve de Cohade sur Moutinho, qui laisse le petit João au sol après le sifflet de l’arbitre. Depuis la télévision on a pu lire sur les lèvres de Cohade lorsqu’il s’approcha de Moutinho : « 10 Juillet 2016, fils de pute« . Après un temps de réalisation, Mr Buquet (qui avait tout entendu bien sûr) décide de mettre un jaune au milieu grenat pour lui avoir remémorer de si mauvais souvenir. On déconne pas avec les sentiments chez les Buquet.

Tout comme contre Bordeaux notre équipe ne semble pas dominé dans le jeu au point de s’en prendre deux en vingt minutes. Mais sur ce match et avec un peu de recul, notre apparente liberté dans le jeu n’est en fin de compte peut-être dû qu’à l’effet d’aspiration du bloc Monégasque visant à faire sortir loin nos récupérateurs pour nous choper dans l’entre-jeu. Monaco est réputé défensif avec une volonté de laisser l’autre construire avant de le frustrer pour le cueillir, mais lorsqu’il mène la danse force est de constater que leur fond de jeu reste identique. Cela explique pourquoi la possession resta équilibré pendant tout le match. C’est donc ça un fond de jeu ?

Ah oui ! Et pendant que j’expliquais tout ça en me pinçant légèrement le bout du phallus par plaisir, Monaco a eu le temps d’en mettre un autre. 3-0 à la mi-temps, tout le monde aux vestiaires, feux nourris direction Carmélide.

Une mi-temps pour l’histoire.

Cette première mi-temps était abasourdissante, des offensives messines stériles; un milieu qui avait du mal a relayer; une défense aux abois; un cocktail détonnant quand en face c’est Monaco. Et la deuxième mi-temps va être encore pire, mais comme son aboutissement représente la plus grande défaite de l’histoire du FC Metz à domicile, elle reste néanmoins historique.

Personnellement, j’entamais alors ma troisième plaquette de Dafalgan pour contrer ma fièvre et ma colère. Après avoir raillé : l’arbitre, le calendrier, Hinschberger puis les joueurs, c’est au tour de la pizzeria du coin qui pourrait quand même mettre des vrais morceaux de Mozza’ dans leur pizzas. Merde quoi.
Toujours est-il que lorsque j’écris ces lignes (oui on est dans la méta de la méta actuellement) je me pose la question de savoir comment je vais raconter cette mi-temps. Découper chaque action et montrer où ça a prêcher histoire de réaliser notre petite thérapie personnelle, comme pour s’échapper du mauvais sort ? Ou résumer le tout pour éviter de redire trente fois ce que 20 000 supporters ce sont dit hier soir ? Cruel dilemme.

Jusqu’à l’heure de jeu nous n’étions pas si ridicule, cependant un gros défaut dans la transition défensive et des mauvais choix nous ont agrandi le fondement un en rien de temps. Après ça, disons que ce fut nettement moins agréable pour nous. Doukouré décida de retrouver sa PS4 et son Aventure en tant qu’Alex Hunter plus tôt que les autres et prit un rouge pour une vilaine faute qui aurait pu faire plus de mal. Ensuite Cohade décida de montrer à tout le monde qu’être chauve est bel et bien un handicap en provoquant un penalty sur Lemar. Dans la foulée c’est le cinquième but, et l’entrée de Rostou à la place d’Erding ne changera pas la donne malgré sa jolie frappe hors cadre qui m’a donné un semblant d’érection. Bon, pas l’érection en bonne et due forme, celle un peu cachée et honteuse comme quand tu regardes un shemale se trémousser.
A ce moment on sent que Metz à craqué sportivement et nerveusement, à Dix contre onze ils n’ont pas tenu une seconde et rien que l’effort d’aller chercher la balle dans ses filets parait être un effort colossale.

Les dix dernières minutes de jeu voient arriver deux nouveaux buts pour l’ASM et conclu donc un cinglant 7-0 et me laisse en position latérale de sécurité à vomir des litres de glaires et à crier le nom de Boffin en Repeat.

La meilleure troisième mi-temps du monde.

On parle, et on parlera, beaucoup du match. Quoi de plus logique me direz-vous ? Je vous dirais qu’il serait de bon temps de parler de la prestation du meilleur Messin hier soir : Les Kops.
Chanter toujours plus haut et toujours plus fort malgré la défaite ça porte un message puissant. Certains seraient tentés de dire que c’est ce qu’ils sont sensés faire, mais si les kops s’étaient stoppés à 5-0 on aurait aussi dit que c’était normal. Au final on peut juste apprécier et remercier ces hommes et femmes qui font vivre l’âme d’un club par delà les résultats et les trophées. Rester vingt minutes après le coup de sifflet final pour chanter, c’est une meilleure preuve de résistance contre la défaite que n’importe quoi. J’ose espérer que cela va redonner l’aplomb qu’ont perdu nos joueurs sur ce match. Si en même temps la Horda pouvait intégrer deux trois idées de coaching dans leurs chants pour aiguiller le Hinsch ce serait cool aussi.

Bon, c’est un gros pavé sur un match très décevant. En face on avait un ogre c’est sûr, mais perdre 7-0 est plus difficile à expliquer qu’en invoquant seulement la différence de standing. J’aurai bien aimé écrire sur un match plus cool (celui où remonte sept buts pour gagner 8-7 par exemple) mais on ne choisit pas toujours comment va se dérouler un match. D’ailleurs on ne choisit jamais. Sinon ça s’appellerait de la corruption et on est pas le Stade Malherbe de Caen.