Protection du moi ou reviviscence de la névrose traumatique : le mythe du cimetière indien

Protection du moi ou reviviscence de la névrose traumatique : le mythe du cimetière indien


Ce fut une courte semaine, non pas que les jours en soi aient perdu en temporalité mais disons plutôt que mon agenda fut de toute blancheur après le troisième jour de la semaine. Il faut bien avouer qu’en ce moment je suis plutôt tranquille. Mais ça c’était sans compter sur l’équipe de Grenat Factory qui m’a fait l’honneur de me solliciter à nouveau. En prétextant beaucoup de travail j’ai prié ces derniers de faire vite. C’est donc six heures plus tard, après avoir entendu nombre de logorrhées mêlant un certain « Rivierez » ; une chèvre ; ainsi qu’une remarque douteuse sur le métier qu’a pu exercer la génitrice d’une de ses deux personnes, que l’équipe m’intitule sa demande.
Après avoir été inquiet pour la santé mental de leur gardien chéri, ils posent leur inquiétude sur l’équipe tout entière qu’ils soupçonnent d’avoir développer une crise anxieuse paroxystique majeure provoquant stupeur et confusion mentale (vocabulaire modifié dans l’article, NDLR). De plus, ces derniers m’annoncent que ce schème mental commence étrangement à ressembler à ce qui s’est passé en 2014.

Intrigué tout d’abord par leur demande, je finis finalement par être intéressé par le sujet et décida de me pencher sur cette crise anxieuse paroxystique que traverse l’équipe du FC Metz. Ce sera peut-être l’occasion pour moi d’en faire un article sur ScienceDirect et d’en boucher un coin à Mr Pichard, une bonne fois pour toute.

Une rapide anamnèse me permet de mettre en évidence un schéma mental de l’équipe de 2014 ; point de source de la crise selon GF. Le FC Metz arrivait en L1 à ce moment en tant que champion de L2. L’équipe était sur une dynamique positive entraînée par des joueurs du centre de formation qui ont joués ensemble bien avant d’intégrer l’équipe A. Les renforcements de l’époque ont apportés un milieu expérimenté Biélorusse, un attaquant Vénézuélien, Rivierez du Havre, N’daw du Boucherie FC, plus d’autres encore dont le célèbre Florent Malouda qui est venu avec son salaire pour peser non pas dans les défenses, mais dans les caisses du club.
Après un début de saison réussi, le club a ralenti sa cadence en Novembre accusant une baisse de régime de Krivets, une blessure de Falcon, et une non-hausse d’intelligence de jeu.
Évidemment, personne ne peut se targuer ici de réussir à trouver une explication du Pourquoi à la lumière de ces éléments, et cela tombe bien car ce n’est pas le but ici.

Je revisse mes lunettes sur le haut de mon nez et me courbe sur mon clavier afin d’effectuer les recherches nécessaires à la demande du client. Je commence à y voir plus clair, de nombreux indices commencent à me sauter au visages. Mais oui !
Quelques comparaisons simples et mes connaissances sûres en matière de diagnostic me mettent sur la voie : Les survivants de l’époque de 2014 ont développer de sérieux troubles critiques avec une forte émotionnalité négative qu’ils ont préférés refouler en mettant en place des stratégies de protection du moi. Deux ans sont passés et d’autres choses sont arrivés, cependant la situation actuelle du club replonge les survivants dans cet état de distress intense et ils ne trouvent plus les ressources nécessaires pour garder enfoui ces sentiments. La faute à des événements déclencheur qui font rappeler la situation de 2014.
Le club est au même point qu’en 2014, après avoir surpris son monde pendant l’été il ralenti petit à petit. La blessure de Lejeune, et les blessures à répétition de Jouffre n’ont pas cessé de faire revivre l’image de la blessure de Falcon dans les têtes (Milan en est encore tout choqué). Le fond de jeu qui se fait la malle, le retour des Footix à domicile… tout est de retour !
Le Top Player sensé symboliser l’avènement du club en L1 fut Malouda, cette année c’est Bisevac. Et ne me dites pas que Vion ne voit pas ce grand Serbe comme un grand bronzé avec des dreads (même s’il doit sûrement voir Assou-Ekotto, mais c’est encore autre chose) je ne vous croirais pas. Pour la simple et unique raison que l’équipe est en pleine crise de reviviscence d’une névrose traumatique.

Explications. C’est un type de névrose où l’apparition des symptômes de stupeur et de confusion mental (exactement ce que vivent nos joueurs sur le terrain) est consécutive à une situation de grande détresse psychique. Elle se manifeste par une crise paroxystique qui provoque ce genre d’état car la personne ne peut consciemment pas accepter cet état, elle va donc soit tenter de l’enfouir soit être envahi de cauchemars incessants, de céphalés horribles et d’images intrusives. Nos joueurs ont eu la chance de tous réagir de la même manière en protégeant leur Moi grâce au processus de refoulement. Pour une fois que l’égoïsme d’un footballeur est utile. Mais les événements cités au dessus ont réanimer les interrupteurs d’angoisse en reconnectant avec les événements de la situation traumatique, celle de 2014. Dans le jargon on dit qu’ils ont débordés les défenses du Moi, tout comme les équipes adverses avec le FC Metz depuis quelques temps.
L’état de reviviscence que l’on voit ici est la conséquence d’une névrose traumatique non traité et qui condamne ces hommes à revivre l’angoisse qu’ils vivaient il y a deux ans en se sentant démunis face à celle-ci. Tout le mécanisme de Régression qui fut en place était efficace sur le court terme, mais force est de constater qu’à long terme c’est n’importe quoi. L’équipe est construite sur ce qu’on appelle un cimetière indien : une terre avec des fondations instables gorgés de troubles réactionnels traumatique bronzés (ou quelque chose comme ça).

Résultats. Contrairement à l’étude précédentes, je ne puis affirmer que ces jeunes gens s’en sortiront. Cependant on peut éviter le pire en les prenant en charge rapidement. Le risque majeur serait de les voir se tourner vers une reviviscence traumatique dite Pratique, qui les amèneraient à provoquer eux-même les désagrément subis en 2014 afin de coller à la scène dans l’espoir de voir l’angoisse disparaître. Si d’ici quelques semaines vous les voyez encore se saboter en plein match, il faudra augmenter le nombre de séances, ça en devient vital. Attention par contre à bien traiter les patients, dans une situation tendue comme celle-ci on n’est pas loin d’un trouble réactionnel majeur qui peut mettre ces personnes dans une situation existentielle dramatique en les menant parfois au suicide. Bien que j’ai lu dans la presse que le club avait besoin de dégraisser sa masse salariale, évitez de vous tourner vers ceci pour le faire : les veuves gardent les primes et les mois de salaires restants.

Prise en charge. Le travail sera d’abord axé sur une identification précise de la source traumatique afin de spécifier les séances. Ensuite on essaiera de stimuler l’amygdale (du cerveau, pas de la bouche) afin de recycler le circuit d’intégration de l’événement pour lui enlever sa source d’angoisse. Ce sera long et je prévois une séance d’une heure par semaine avec tous les joueurs. Ça tombe bien j’ai de la place dans mon agenda. Pour mes coordonnées prendre contact avec la rédaction de Grenat Factory. Évitez de vous garer devant le garage en venant au cabinet.

 

Psychanalyste de renommée discutable, TataYoyo sévira sous la bannière de Grenat Factory aussi souvent qu’ils en auront besoin. Tant que la séance est payée, bien sûr.