Retour sur Metz – Saint-Étienne par @MagicJibay

Retour sur Metz – Saint-Étienne par @MagicJibay


Sportivement parlant, la rencontre à Rennes pour le compte de la 11ème journée n’avait apporté aucune certitude. Ni dans le jeu, ni sur un plan comptable (Défaite 1-0 pour les gens à la mémoire courte) ! La rencontre avait été surtout marquée par cette discussion Horda-joueurs après le match, qui avait par ailleurs été prolongé le mardi à l’entrainement, la Horda se déplaçant en nombre !

UNE ENTAME DE MATCH INTÉRESSANTE !

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Et il semblerait que le message soit passé ! Organisés en 4-4-2, les messins bousculent les stéphanois. Plus impliqués, plus appliqués et surtout plus agressifs, les hommes du Hinsch’ réalisent ce qui doit le meilleur 1/4h vu cette saison. Sans être esthétiques certes, mais on ne voit que très peu Saint-Etienne. On a parfois même peur que l’histoire se répète. On domine, on « joue bien » les 5/10 premières minutes, et comme souvent on se fait punir sur la première offensive adverse. Ce ne sera pas le cas ce coup.

Mais les messins, pourtant dominateurs et qui prennent le ballon à leur compte vont subir un coup d’arrêt. Le but refusé à Erding pour Hors-jeu va couper les grenats dans leur élan. Le match s’inverse, les stéphanois reprenant alors le jeu à leur compte, jouant plus vite, plus juste, bien aidé, il est vrai, par le manque de repli défensif des ailiers N’Guette et surtout Lejeune.

Entre la 15ème et la 35ème minute, et donc jusqu’au rouge de Tannane, Metz souffre, recule, subit et concède 4 tirs (Contre 0 tentés). En 20 minutes, les stéphanois vont tirer autant au but que lors du reste du match. Mais Metz ne cède pas !

UNE SECONDE MI-TEMPS PLUS ABOUTIE

Il faudra attendre la deuxième mi-temps pour voir un meilleur visage (enfin !) du FC Metz. A 10 contre 11, les messins n’avaient guère donné l’impression d’être en supériorité numérique sur les dernières minutes du premier acte.

Jouant plus haut et plus vite, les messins deviennent plus dangereux, forcément et vont tirer 11 fois au but lors de la seconde mi-temps (contre 4 en première mi-temps). S’ils avaient concédé 6 tirs stéphanois pendant les 45 premières minutes, les verts ne vont tirer que deux fois au but ! Incroyable ça, en jouant plus haut on serait donc plus dangereux et plus apte à récupérer le ballon (et à couper la première relance) ? Je n’ose y croire voyons  !

Les messins pourtant dominateurs, c’est Perrin pour Saint-Etienne qui va se créer l’occasion la plus dangereuse avec un tir repoussé sur la ligne par Balliu. S’ils ont beaucoup tiré au but, les offensifs messins n’ont pas été dangereux. 8 tirs en dehors de la surface sur les 14 tentés, 2 cadrés seulement. Plus agaçant encore, 7 frappes messines ont étés contrés… Trop de stéphanois dans la surface ou mauvais timing dans les frappes ? (Jouffre… si tu me lis)

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(en orange les tirs du FC Metz, en bleu celle de l’AS Saint Etienne)

LE 4-4-2, VIABLE OU PAS ?

Les supporters l’avaient voulu ! Ils l’ont eu ! (ndlr : je devrais donc peut-être continuer à persister avec mon 3-5-2). Est-ce pour autant qu’on peut dire, à ce jour que les messins sont mieux dans ce schéma ?

La réponse est, à mon sens, non ! Il est prématuré de tirer des enseignements sur un schéma tactique, et surtout une animation, lorsque celle-ci a été mise en place contre l’une des plus mauvaises équipes de National cette saison, le Paris FC en Coupe de la Ligue, et contre un Saint-Etienne, revenu d’Azerbaidjan et réduit à 10 pendant plus d’une heure. Sans Balliu, les messins quittaient Saint Symphorien avec une nouvelle défaite dans les valises.

S’il y a certes du mieux (et encore heureux vu le contexte, j’ai envie de dire), qu’on a pu voir un bloc plus haut, plus présent dans l’impact, et qui jouait plus vite, on a aussi pu s’apercevoir que les carences étaient nombreuses. Le dernier geste a souvent manqué. On dénombre 27 pertes de balles, et pratiquement toutes dans le camp adverse. Ce qui fait un peu tâche donc, si on associe ça aux 12 tirs non cadrés recensés ! De plus, aucun centre ne s’est avéré dangereux, et par ailleurs pas assez variés ( est-il interdit de centrer en retrait ???)

PAROLE A LA DEFENSE

Souvent montré du doigt depuis le début de la saison, et pas forcément à juste titre, la lign messine de 4  défenseur alignée dimanche a donné satisfaction.

Sur un plan défensif déjà, puisqu’elle réalise un cleensheet, et qu’elle a concédé peu d’occasion. A relativiser, encore une fois par l’opposition proposée par les verts. Mais c’est surtout dans l’animation offensive, que notre défensif a surpris. Si les premières minutes du match pouvaient laisser penser à un vieux kick and rush dégueulasse, Balliu-Milan-Falette et Assou-Ekotto ont ensuite assez peu balancé devant !

Mentions spéciales pour les deux latéraux. Balliu confirme qu’il est réellement intéressant dans une équipe joueuse et offensive pendant que le second (BAE <3) commence à fermer pas mal de bouches (et surtout celles de ceux qui disaient qu’il en avait rien à foutre du club). Déjà solide à Marseille et Rennes, il a encore été une fois un des membres les plus en vues. S’il court assez peu, il ne court jamais inutilement, et est constamment bien placé. Solide défensivement, il a amené le danger à plusieurs reprises (4 centres)

Si on avait jusque-là souvent pointé les problèmes liés au manque de liens sur les côtés, c’est aujourd’hui tout un symbole de voir qu’après Cohade, ce sont Balliu et Assou-Ekotto les joueurs qui ont touché le plus de ballon. (78 pour l’Espagnol, 70 pour le Camerounais)

Certes aidé par le contexte favorable, on a pu s’apercevoir que lorsqu’elle est épaulé, que ce soit pour garder sa cage inviolée ou pour relancer le jeu, la défense messine n’est pas si mauvaise que ça, bien au contraire !

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(à gauche le nombre de ballons touchés, au milieu le nombre d’interception, à droite le nombre de passe vers l’avant/ nombre de passe tentées)

UN BON OU UN MAUVAIS POINT ?

S’il est vrai que ce résultat et ce cleensheet permettent de stopper l’hémorragie, face à un adversaire européen en plus, la physionomie du match devrait calmer les adeptes de la philosophie du bon Albert Cartier et son fameux « on apprend »

A domicile, face à une équipe réduite à 10 pendant une heure, qui revient d’un long voyage, et qui ressemble de très loin à un ogre, le FC Metz aurait dû s’imposer. En ne s’imposant pas, c’est à mon sens une contre-performance, et trouver des excuses n’arrangera en rien les affaires du club.

Si on ne peut rien reprocher au coach messin ce coup-ci (pour une fois), les messins ont surtout pêché par un manque de justesse technique. Ce qui peut s’expliquer par la spirale dans laquelle l’équipe s’était engloutie et le fait que la confiance doit être quelque peu atteinte. Comme le précisait Captain Kevin après la rencontre.

Cependant, Philippe Hinschberger, le maître tacticien de nos troupes doit s’appuyer sur les quelques bonnes choses aperçues ce dimanche pour revenir après la trêve avec de bien meilleures intentions, surtout face à des concurrents directs (mais logiquement des adversaires un peu plus à notre portée).