TFC – FCM : Metz c’est le Brésil

TFC – FCM : Metz c’est le Brésil


Notre FC Metz national se déplaçait à Toulouse. Mission commando au Stadium, chez la hype du moment. Oui parce qu’en France, une équipe qui ne sait pas jouer mais qui court partout et met des taquets, ça suffit pour être une hype. Pas de révolution pour ce match, pour le coup on ne tapera pas sur le Hinsch. Déjà parce que c’était son anniversaire (le 57ème, petit clin d’oeil) et aussi parce qu’au vu des absences (Erding et Cohade) et du nombre de joueurs pas vraiment encore  à 100%, il avait pas 36 solutions. On se présente donc dans un 4231 extrêmement classique, la seule « surprise  » étant la titularisation de Bisevac à la place de Guido « El Hombre  » Milàn. Charnière centrale bien protégée par un duo MandjeckDoukouré, ce dernier sortant d’un match fantastique contre l’équipe de France (les stats parlent, trois passes vers l’avant réussies, du jamais vu cette saison). Sur les côtés, Lejeune est chargé de nous rappeler qu’il porte bien mal son nom tandis que NGuette, comme à son habitude, enfile ses crampons d’athlé. Et puis devant, sweet Habib est chargé de peser sur la défense adverse. De mettre du poids, comme l’avait si bien dit notre Philou après Metz – Saint Etienne. En d’autre terme, à défaut de savoir faire un contrôle – passe, essaye au moins de gagner 2-3 ballons de la tête, de choper 2-3 C-F pas trop mal placés et attendre dans la surface qu’un ballon te parvienne par je ne sais quelle bonté divine.

CETTE EQUIPE SAIT JOUER AU BALLON

Et ouais, c’est le postulat principal qu’on retient de ce match. Elle n’a pas fait un match flamboyant mais elle a joué dans le registre attendu et tout ce qu’elle a fait, elle l’a bien fait et intelligemment. Au lieu de se contenter de jouer un football ultra stéréotypé consistant à attendre derrière et à user de la fusée NGuette, le FC Metz a décidé de relancer court, propre, et de prendre son temps quand le contre n’était plus possible (car la projection vers l’avant à la récupération reste malgré tout le principal atout de cette équipe comme l’a très bien expliqué Luis Fernandez ce matin dans Dimanche Ligue 1). Ce n’est pas sans surprise qu’on a alors pu observé plusieurs séquences où le FC a enchaîné les passes, privant de ballon le Téfécé, revenant derrière, trouvant les interlignes, libérant de l’espace pour les ailiers ou les latéraux (surtout Balliu). En conclusion, l’équipe a nettement progressé dans l’utilisation du ballon, en atteste la possession (51%). Seul problème : dans les 30 derniers mètres, on manque encore cruellement de tranchant. Il manque de la profondeur (que ce soit Diallo ou Erding en pointe) et on a un peu l’impression qu’à part percuter les lignes (que ce soit avec NGuette, Sarr ou encore Mandjeck), on n’a pas beaucoup de solutions.

CETTE EQUIPE SAIT DEFENDRE

Mais surtout, elle sait défendre sans attendre derrière, intelligemment. Hier, cette équipe n’a pas subi les duels et a montré une grande maîtrise. Mandjeck et même, à un degré moindre, Doukouré ont fait réellement du bien dans la récupération et la domination messine au milieu de terrain ne leur est pas étrangère. Car oui, quand on est le FC Metz, avant de penser à comment utiliser le ballon, il faut déjà le récupérer. On a deux latéraux qui ne sont peut-être pas les plus impressionnants physiquement à la vue du standard Ligue 1 mais qui sont très intelligents dans leurs déplacements et techniquement au-dessus de la moyenne. Surtout, et même si on demandera confirmation, la charnière BisevacFalette s’est montré extrêmement complémentaire. Le Serbe s’est décidé à élever le niveau de jeu et a muselé Braithwaite, principal danger toulousain. Il a usé de sa force, à savoir sa puissance physique dans les 1vs1 (où il a constamment dominé le Danois) et son expérience, ne se jetant pas quand l’attaquant toulousain parvenait à prendre de la vitesse, préférant souvent l’enfermer et limiter ses choix de course. Quant à Falette (qui reste une vraie bonne surprise en ce début de saison), il montre qu’on peut être très fort physiquement mais aussi très mobile. On est loin de l’image du simple bourrin qu’on pourrait se faire de lui à première vue. Bien sur, il use de sa force physique mais il serait je pense intéressant de choper une stat où on verrait les fautes commises par chaque joueur. Concernant l’ex-Brestois, ce chiffre n’est pas très élevé : en 12 matchs joués, seulement 15 fautes commises (7 à domicile et 8 à l’extérieur) pour 11 fautes subies.

UN STYLE DE JEU

Le FC Metz 16/17 n’est pas une équipe de ballon. Mais n’est pas non plus une simple équipe de contres. Bien entendu, et comme déjà dit, la projection vers l’avant reste l’atout majeur de cette équipe et cette qualité s’exprime plus facilement en contre. Mais le FC Metz semble plus être une équipe de transition. Car hier, le FC ne s’est pas contenté de garer le bus et d’attendre. Si le bloc était bas, il n’était pas pour autant positionné en double rideau défensif et s’est montré agressif sur le porteur du ballon, pas du tout attentiste. Le but de cette équipe est de récupérer le ballon le plus haut possible. À la récupération du ballon, c’est l’ensemble du bloc qui remonte. Il sera intéressant de revoir le premier but avec 4 joueurs qui se projettent simultanément vers le but toulousain, avec, à la fin, la conclusion que l’on connait. Mais là où la différence se fait, c’est que cette équipe a montré une capacité à tenir le ballon. Les années précédentes obligent le supporter messin à se montrer prudent et à demander confirmation des progrès observés contre Saint-Etienne et Toulouse. Il faudra aussi régler ce problème dans les derniers mètres adverses. Mais le FC Metz a balayé hier le fantôme de la série de 18 matchs sans victoire d’il y a deux saisons et a montré qu’il avait les capacités pour se maintenir enfin en L1. A condition de fournir ce genre de prestation solide également à domicile.

Ce matin, le FC Metz est 11ème avec 17 points, 5 d’avance sur la place de barragiste détenu par la banlieue sud et 7 sur la place de premier relégable. Suffisant pour souffler quelque peu et aborder la semaine à venir sereinement. La saison dernière, Reims avait 21 points à la trêve et était 17ème, mais finit par descendre. Avec 22 points à la trêve, le FC Metz serait dans le rythme pour le maintien. Il reste 6 matchs et donc 18 points à prendre. Il faudrait prendre – au moins – 5 points, car 5 matchs  se jouent contre des concurrents direct. Il faudra donc probablement un peu plus que 5 points pour passer Noël au chaud.

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