Tuss life : le but à la 91ème

Tuss life : le but à la 91ème


Nancy, Stade Marcel Picot. 05/02/2016 – 91ème minute. Dans la tête de Romain Métanire les choses se passent : inspiré des meilleurs techniques ninjas de poulet sans tête, il quadrille son couloir comme personne d’autre ne l’a fait et ne pourra jamais le faire au sein de la maison Grenat. Le scénario est terrible pour ces gars du centre de formation : Ils perdent le derby et le temps ne finit plus de dérouler. Mais… un miracle, plus fort que la protection de Metz par Saint Clément, va briser ce que le destin voulait forcer. Cette histoire, on la connait par coeur, mais c’est grâce à une technologie d’intelligence synaptique inédite et sous brevet que vous allez la découvrir autrement. En effet, cette incroyable avancée technique nous a permis de nous brancher directement dans le cerveau de Romain Métanire et de vous retranscrire mot pour mot ce qu’il s’est dit. Un document exclusif et réservé à un public averti.

Connexion dans le cerveau de Romain Métanire, 3, 2, 1…

« Putain qu’est ce que je fous là dans les 30 mètres, j’ai encore déconné bordel. J’suis lessivé, 1982 yards de couru dans le vent ou bien là ? allez s’passe quoi : 2-1 ? Mais qui m’a dit de me foutre là. C’est pas possible, j’suis un mongole. Oh merde belle remise Bekamenga, heureusement t’as de meilleures épaules qu’une belle voix… allez Yeni c’est pas le moment de réussir un dribble, on s’en fout ça va siffler, j’vais courir ici, Yeni tu solottes et tu fais ton pivot pour une frappe en tribune puis c’est fini, la douche sera bien chaude, ça fait mal au cul mais on se sera bien battu. Rideau, ciao. »

« C’est ma dernière course, faut pas que j’prenne trop la profondeur, j’me mets derrière lui là, Yeni ne me verra pas : Aucune chance, je ne fais pas l’appel depuis son nombril. J’dirais que ça fait chier à la télé, personne ne m’en voudra… Premier derby perdu en 200 ans ? C’est la faute des portugais, ils diront. C’est bon quoi, j’ai assez donné moi, le national tout ça, Demi-Dieu le tuss il est, Demi-Dieu. Et puis j’dirais aussi : « Le maintien », ouais j’dirais « l’important c’est le main… » Nan la montée putain la montée cette année, Romain, pas de gaffe. J’ai réservé une table à minuit au klubb… On joue la montée, Romain, la montée. Rien d’autre, force et honneur. »

Yéni va frapper

Yéni va frapper

« Mais casse toiiii Yenii, d’où tu lèves la tête là, c’est fini le mercato tain, j’faisais pas l’appel là, t’es con ou quoi de me la donner… J’suis plus attaquant depuis mes 12 ans, 1 but en pro Yeniii, j’ai qu’un putain de but en pro là… C’est interdit de me la donner. Personne ne veut me la donner. La balle c’est soit je l’ai trouvé soit elle s’envole. La balle ce n’est pas pour moi, je suis là pour courir sur mon couloir et attendre que tout le monde s’écroule par terre pour finir les vodka-pomme. Il y a Janis qu’a pris l’axe, Yeni, il est bon le petit, il mérite que j’l’encastre sur la rampe de la coursive mais il reste bon ce filou. Bon, c’est flou dans ma tête là : On est dans les 20 mètres, Yeni, me la filer dans les 20 mètres à moi ? C’est une zone instable : j’peux aussi bien marquer que faire ton deuxième enfant. Allez j’la frappe comme elle vient bande de bâtard. »

Silence de cathédrale.

"Malgré elle, un fantassin balançait à toute volée sur une escarpolette Mlle Laveline, de Nancy. Chute mortelle de 4 mètres." - Félix Fénéon, Nouvelles en trois lignes

« Malgré elle, un fantassin balançait à toute volée sur une escarpolette Mlle Laveline, de Nancy. Chute mortelle de 4 mètres. » – Félix Fénéon, Nouvelles en trois lignes

« Elle y est ? Putain de sa mère elle y est. La lorraine est grenat, putain de croix de lorraine sur le torse, regardez la bien car elle est plantée dans vos putains de fondement. J’vous nique. Je fais l’amour à vos mamans comme à Linda du FKK. Ou Ines. Ou les deux. Ou les trois là j’sais pas. Sauf que là elles remboursent. Toi tu ne me prends même pas dans les bras je cours sur mon couloir jusqu’à vos syncopes. Putain. J’annule le Klubb, c’est Peignoir brodé et massage pendant 10 ans. Elle y est putain. 2-2. Sa mère. Allez ouais je prends les bravos, les bravas, les chépakoi, les bisous, ça pulse à 200 dans le poitrail : comme quand tu test un coiffeur inconnu et qu’il finit le contour. La putain de Lorraine reste putain de grenat, ils sont en larme. Ils ont la boule au ventre. Ça crie mon nom ou bien ? J’suis sûr ya plus de supporters messins que nancéiens ici. Allez tape moi les mains le letton et toi là viens dans mes bras, toi j’sais même plus ton nom mais ton maillot a l’air grenat donc c’est ok, ramouchos del lisbonados. »

« Ça siffle la fin ? C’est double prime, mise au vert pendant 15 jours et caisse de champ à l’appart. J’me fais pousser la stache de vendeur d’armes et j’veux une croix de lorraine brodée en or 15 carats sur le maillot que vous allez retirer la saison prochaine. Il n’y aura plus de 15 au FC Metz, c’est fini. Tout ceci m’appartient, la Lorraine est Grenat, le Grenat est au Tuss, le Tuss est aux Putes. Fin du bal. Applaudissez ou sifflez, l’histoire ne changera plus. »