FCM – MHSC : le sauveur est arrivé

FCM – MHSC : le sauveur est arrivé


Un froid polaire, une ambiance probablement tristounette dans un stade à coup sûr vidé de plus de moitié, une équipe qui n’a pas offert de victoire à son public depuis 5 mois… Nombreux étaient les arguments qui ont suffi à pousser de nombreux spectateurs potentiels à rester à la maison pour enchaîner l’équipe de France de hand et le Football Club de Metz, sans oublier de se mouiller la nuque entre les deux matchs bien sûr. C’est donc affalé sur le canapé que j’ai pu profiter de ce match de qualité 1ère division district certifiée. Retour sur ce Metz-Montpellier qui refait souffler des vents d’Europa League sur les façades de la maison grenat.

L’avant match

Rien de tel qu’une victoire 31-25 de l’équipe de Fr… hein ? Comment ça c’est nul le handball ? Ah ben si, c’est vrai, on s’en claque un peu en fait. Laissons ce sport aux quelques faux passionnés qui n’en sont experts qu’en période de championnat du monde et concentrons nous sur le réel objectif, le vrai sport, le football. Le beau football, pas n’importe lequel. Celui du samedi 20h sur BeinMax9, qui vous transporte, qui vous attrape et qui ne vous relâche pas jusqu’au coup de sifflet final, celui qui vient même balayer d’un revers de main toute autre évènement. Ce samedi on a eu droit à un très croquant Metz-Montpellier.

Pour ce qui est de la composition d’équipe on ne verra pas réellement de sujet de controverse au cœur de la twittosphère messine. C’est à ce moment même que l’on se rend compte que voir Chris Philipps aligné dans le onze de départ est devenu une habitude : il faut commencer à sérieusement s’inquiéter. Seul changement par rapport au match nul obtenu à Nice, le remplacement du grand et maladroit Habib Diallo par l’encore plus grand et on l’espère moins maladroit Cheick Diabaté à la pointe de l’attaque, qui vient susciter un intérêt tout particulier pour son retour dans le championnat de tous les rêves.

Parce qu’on ne change (presque) pas une équipe qui fait match nul

Deux matchs en un

L’entame de match se passe plutôt bien pour les protégés de Philippe Hinschberger, qui se ruent à l’attaque et déstabilisent le bloc montpelliérain. Les Messins se procurent de nombreuses occasions en début de partie mais sont trop imprécis dans le dernier geste et voient leurs tentatives repoussées par Laurent Pionnier. Malgré tout Saint-Symphorien s’enthousiasme. Comprenez que voir une équipe de Metz entreprenante et dominante ne relève d’aucune routine.

Les plus sensibles ont frôlé l’attaque cardiaque en étant témoins de la suite des évènements. Un séisme vient déchirer l’ambiance lugubre dans laquelle sont plongés les 22 acteurs, avec non pas la conversion d’une, mais de deux occasions consécutives pour les locaux, par le grand, le géant, l’immense Cheick Diabaté. Tout d’abord sur un centre délicieux du véritable « divin chauve » Renaud Cohade, puis suite à une sortie de Pionnier qui n’a rien à envier aux plus belles envolées d’Apoula Edel.

Les Messins mènent donc 2-0 dès la 20e minute et l’équipe a de l’allant. Les ballons sont récupérés plutôt haut et malgré un peu de déchet dans les transmissions, le secteur offensif fonctionne plutôt bien. Nguette semble très en jambe durant ces 20 premières minutes et enchaîne courses et provocations, tandis que Mollet et Cohade participent activement à la construction du jeu, mais ce sont bien l’impact mis par les Messins et leur action défensive collective qui déstabilisent une équipe de Montpellier bien faible. Le rythme baissera ensuite mais cette première mi-temps voit les Lorrains maîtriser à peu près leur sujet.

Quand Diabat’zer te claque 2 buts

Le schéma s’inverse complètement en seconde période. Déjà paniqué à l’idée de mener au score de deux buts, le milieu messin va doucement perdre pied face à la réorganisation tactique des Héraultais qui se montrent beaucoup plus conquérants. Nguette a totalement disparu, Diabaté a pioché physiquement et n’a plus eu aucun ballon, Cohade a produit tant de déchets qu’il en aurait fait rougir le président de l’équipe adverse. Enfin, Didillon a tremblé à plusieurs reprises au cours de ces 45 dernières minutes, derrière une défense fragile et incapable de relancer proprement, offrant cadeau sur cadeau à des sudistes trop gênés pour transformer ces derniers en buts. La défense messine plie, plie, plie encore mais les Montpelliérains ne sont pas capables de la faire rompre.

Cette deuxième période, rendue affreusement laide par des Messins apathiques et des adversaires plus nuls que nuls à l’approche du but, s’achève sur ce même score de 2-0, au final pas immérité. Coté messin, cette rencontre (surtout sa deuxième période), malgré la bonne affaire comptable, est entachée de quelques points obscurs qui viennent ternir la performance de l’équipe.

Le jour… et puis la nuit

Comme dit précédemment, on a pu sentir durant toute la seconde période un malaise dans l’équipe lié à une sorte d’incertitude tactique. Menant au score par 2 buts, l’équipe n’a pas su comment se comporter en deuxième période, ou alors elle l’a tout simplement effroyablement mal fait.

On peut remarquer le comportement assez ambigu de l’équipe durant la deuxième mi-temps : d’une part, un positionnement global assez bas, avec une recherche tout à fait minime dans la construction, majoritairement des ballons balancés devant, peut être à la recherche de Diabaté, peut être pas au vu de la précision de nos relances bien souvent futiles. Bref, ça ne se mouille pas trop, et c’est compréhensible. Mais d’autre part, des comportements individuels étranges, avec des joueurs souvent positionnés aléatoirement, parfois trop haut, parfois à tenter des interceptions impossibles, à quitter leur poste de base.

Ce problème a été illustré par le duo Philipps – Diagne à la récupération. A première vue pas tellement en difficulté en première mi-temps, on peut pourtant en étant plus attentif remarquer ses errances tout au long du match. On ne reviendra pas sur le niveau intrinsèque du premier cité, mais l’association pourtant prometteuse à Nice n’a pas fonctionné comme prévu et aurait pu coûter cher aux Lorrains. Philipps est trop souvent battu en duel : facile à dribbler, il est souvent pris à défaut par son adversaire direct et quand il ne commet pas de faute, le joueur adverse est déjà loin. Diagne, quant à lui, s’est offert beaucoup de libertés de déplacement en phase offensive, si bien qu’on pouvait facilement le retrouver à plusieurs reprises dans la surface adverse en première mi-temps en attaque placée, ce qui est assez paradoxal pour un défenseur de métier (gneugneu Pavlovic).

Je n’ai pu tirer qu’une seule action qui exemplifie ce problème, merci à la chaîne Youtube de la Ligue pas forcément très exhaustive dans ses résumés de matchs. Cependant celle-ci en dit long sur le cas évoqué.

Diagne, voyant que Philipps et Cohade se sont honteusement fait éliminer, doit compenser en venant couvrir la zone ouverte à Ikoné.

Philipps est très loin, Diagne n’a pas fait l’effort de se replacer et trotte en observant de loin Ikoné qui a tout le loisir de s’engouffrer.

 

Ainsi on observe avec dépit les mêmes problèmes qu’avec le duo favori des supporters messins MandjeckDoukouré, cette désynchronisation totale entre les deux joueurs qui ne savent pas composer avec les déplacements de l’autre et ne compensent alors pas dans les zones ouvertes aux attaquants adverses. Ces brèches, que des joueurs comme Ikoné peuvent emprunter sans problèmes entrouvrent alors un espace assez conséquent entre le milieu et la défense et laissent le temps aux joueurs adverses, en l’absence de montée de nos défenseurs, de s’approcher du but et de faire leur choix quant à la suite de l’action.

Enfin, puisqu’un match du FC Metz qui se conclut sans un petit reproche à son entraîneur n’est pas un vrai match du FC Metz, j’ai trouvé les changements effectués par Hinschberger assez peu judicieux. Non pas que chacun des changements fut mauvais, mais simplement on a pu ressentir un grand manque en fin de deuxième mi-temps, dans une période où on cherchait à gagner du temps : celui d’un joueur de couloir, capable de prendre le ballon et de courir, d’emmener le ballon loin, proche du but adverse, pour gagner du temps et éventuellement mettre la défense adverse en danger. Au fond, il nous manquait Ismaila Sarr, parti à la CAN. Le choix de faire rentrer Jouffre était surement motivé par la qualité technique du joueur, capable de donner ses ballons proprement, dans une volonté de poser le jeu, mais cela est dépourvu de logique : parce que Jouffre était cuit de chez cuit, il n’avançait plus et l’entraîneur devait le savoir et en tenir compte ; et parce que le reste de l’équipe n’est pas au point techniquement pour maîtriser le ballon face à une équipe en retard au score et qui exerce un pressing sur le porteur. Pendant ce temps, Hein n’est pas rentré…

Cet ensemble de facteurs a conduit le FC Metz a réaliser une de ses pires mi-temps de la saison, inoffensif et désavoué au milieu de terrain. Les hommes de Frédéric Hantz, très peu efficaces et proposant un jeu sans saveur, repartent bredouilles et offrent sur un plateau cette victoire, qui soulage beaucoup, aux Grenats. Comme on dit, au pays des aveugles, les borgnes sont rois.

Quant à Metz, il ne faut bien sûr pas retenir que des points négatifs, et prendre ces 3 points bien volontiers. Mais ce n’est pas en jouant de la sorte que les Messins vont s’assurer le maintien le plus tôt possible.

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En attendant le match à Angers, allez prendre des nouvelles de Babacar Gueye.