#FCMOM : victoire contre les autres bâtards

#FCMOM : victoire contre les autres bâtards


Avec le Football Club de Metz, les supporters le savent : la soirée ne sera belle que si la victoire est au bout. À défaut d’espérer voir du beau jeu, les abonnés, forcés de venir au match pour au moins rentabiliser l’abonnement qu’ils ont payé un SMIC, et les autres, qui continuent à venir sans prétexte raisonnable, se sont probablement retrouvés dans les travées de Saint-Symphorien pour se fendre la gueule comme un bon vendredi soir, devant les galipettes de Doria et Sakai, les longs ballons de Philipps, et les dribbles chaloupés de Diabaté. Et un ballon rond. Mais ça, c’est secondaire. Retour sur ce match qui laisse nos rectums au repos pour une fois. 

L’avant match

« Interdiction de porter tout signe distinctif de l’Olympique de Marseille« . Cette phrase résonna dans mon coeur comme un tourbillon d’émotions fortes. Quel bonheur. Tant pis pour les éventuels frustrés, tant pis pour l’irrespect des libertés individuelles et du droit des supporters, mais surtout tant pis pour @valgianes (qui nous a fait vraiment beaucoup de peine), car il sera possible d’aller tranquillement en tribunes sans avoir à supporter la présence de ces survêtements blanc et bleus d’un mauvais goût absolument répugnant dans son champ de vision.

On pense à toi petit ange.

La désillusion est d’autant plus cruelle qu’elle est fatale. L’heure de boire un verre d’alcool si pur qu’il vous en arracherait l’œsophage a sonné. À un peu plus d’une heure du coup d’envoi, le tweet du compte officiel agit une nouvelle fois comme un terrible coup de massue sur les crânes déjà fortement endommagés des supporters des Grenats, qui avaient vu trop beau en notant le retour dans le groupe d’Ismaila Sarr et en espérant que Mevlüt Erdinç sortirait enfin du banc. Mais parce que Philippe Hinschberger n’aime pas quand c’est trop facile, il en fut autrement. Étant arrivé au sommet de l’effet provoqué par un rail de coke des plus solides, le coach nous sort une des équipes les plus délirantes qu’il ait pu imaginer. Diabaté sera associé au fantôme de Thibaut Vion, Lejeune tentera de marcher pour la première fois depuis trois mois sans déambulateur et Bisevac de prendre moins de 4 matchs de suspension, Didillon devra limiter la casse tandis que le duo DoukouréPhilipps aura pour simple mission de nous faire rêver. Vaste programme.

Le tirage au sort est terminé, voici la compo des Grenats pour affronter l’OM !

Enfin, mesures de sécurité exceptionnelles obligent, nous devons passer par une porte de sécurité avant de rejoindre la tribune. Vous pensiez qu’ils allaient faire une petite fouille ? Et toc, rien  de tout ça voyons, faut quand même pas exagérer, c’est pas un match sous haute tension comme Metz-Toulouse en Coupe de la Ligue ! Non, simple vérification des vêtements pour dégager les réfractaires des arrêtés préfectoraux. À l’entrée de la tribune, Valou me signale « ils ont même pas vérifié ma carte, le scan ne marchait pas, je suis passé comme ça, tranquille ». « Toutes les mesures de sécurité seront mises en place pour éviter que des incidents comme celui du 3 décembre ne se reproduisent », n’est-ce pas, Monsieur le Président Serin ?

« Globalement on s’est fait chier »

Les équipes qui se déplacent à Saint-Symphorien sont toujours plus belles, mais la qualité des matchs qui en découlent ne suit malheureusement pas. Encore une fois, le Football Club de Metz, en collaboration totale avec son adversaire du jour, a offert à son public et à toute la France (sauf  la partie qui n’a pas les moyens de payer Canal+), une première mi-temps d’une insipidité innovante. Faible intensité, déchet technique, situations de but au nombre de 0 en la faveur des Lorrains et pas franchement beaucoup plus nombreuses du coté marseillais…

Quelques éclaircies tout de même coté phocéen, car le FC Metz est largement dominé au milieu de terrain. Les Marseillais ont en effet tout le loisir de faire circuler le ballon, les Grenats ayant du mal à organiser leur pressing (même si on sentait cette fois-ci une volonté de déranger un peu plus le porteur de balle), si bien que Zambo Anguissa semblait presque être techniquement aux normes. En début de rencontre, ce sont les sudistes qui allument la première mèche avec Bouna Sarr la salope de Metz qui se rappelle au bon souvenir de Saint-Symphorien. En poussant simplement le ballon vers le but, il déstabilise 5 défenseurs, qui sembleraient presque concernés par l’action s’ils n’étaient trahis par leurs courses au ralenti, et qui laissent Didillon se charger d’éteindre le début d’incendie.

Quelques minutes plus tard, c’est Thauvin et la défense messine qui s’illustrent sur cette ouverture délicieuse de Maxime Lopez pour celui qui restera le briseur de rêve d’une France amoureuse de Charlotte Pirroni. À nouveau, c’est Didillon à la parade, et les Messins s’en sortent à nouveau pas si mal. Sur une des rares offensives mosellanes, Nguette est percuté par un Sertic à l’inspiration guidomilanienne, mais ne récolte qu’un coup de genou et un mépris total de la part des deux arbitres ayant assisté à la scène. C’est au final profitant d’un manque d’inspiration des visiteurs, et de strictement rien d’autre, que les hommes de Philippe Hinschberger regagnent le vestiaire inviolés, au terme d’une première mi-temps vraiment très très sale mais tout de même très très drôle.

L’absence d’âme est en effet une caractéristique nécessaire pour signer à l’OM.

La deuxième mi-temps a déjà démarré mais ne comptez pas sur le FC Metz pour l’emballer. Le spectre d’une deuxième période aussi emballante que la première pèse sur les 21 000 inconscients présents en tribunes, d’autant que Metz ne fait dans un premier temps pas forcément meilleure figure. Suite au coup-franc de Payet, c’est Gomis qui marque de la tête avant que l’arbitre assistant ne signale un hors-jeu aussi prévisible qu’évident. Fatigués de faire face à une opposition si faible, les Grenats décident de prendre les choses en main et d’accélérer le processus d’auto-mutilation en faisant le boulot de l’OM à sa place. Falette place sa plus belle reprise sur le centre de Payet mais ne trouve que la barre. Une malédiction s’abat sur le deuxième olympique de France, sur lequel s’étale tout le poids de 120 minutes de course après le crack Maxwel Cornet.

Dépités de ne même pas pouvoir s’enfoncer un peu plus, Falette et ses hommes décident d’attaquer vers l’autre but. Erdinç, pas encore au courant du changement de tactique, chute volontairement trois fois sur le ballon alors qu’il filait au but. Qu’à cela ne tienne, c’est l’homme qui a tant manqué, le grand Ismaïla Sarr, qui obtient le coup-franc décisif. Jouffre place une frappe à la base dégueue que Gomis et Pelé font passer pour un coup de maître. Saint Symphorien explose et les grenats s’emballent. L’humiliation est totale.

Merde. Hop. Oups. Non. Presque. Gnnn… Ca passe.

Toujours est-il que Metz, au bout de la tristesse et de la médiocrité, ses petites couilles et ses 57% de passes réussies, dompte la panthère et ses partenaires. Une victoire inexplicable ? Mais si, et très facilement : l’OM a réussi l’exploit d’être encore plus mauvais que le FC. Qui a gagné certes, mais qui a quand même pas été très bon.

Gagner sans convaincre, une mauvaise habitude

Après la victoire face à Montpellier, je concluais mon article avec le fameux proverbe “Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois”. Je pense qu’il est encore judicieux de l’employer en cette occasion à la vue de la performance des deux équipes ce vendredi, et que le résultat est extrêmement évocateur et montre à quel point l’OM s’est planté sur ce match, en tenant en compte le niveau très faible des Grenats. Il est vrai que l’on rabâche sans arrêt, après chaque victoire de Metz, que l’équipe n’a pas été convaincante et que cela va lui porter préjudice, et que finalement, l’équipe gagne et qu’elle sort un peu la tête de l’eau aujourd’hui… Certes. Mais il reste difficile d’être pleinement satisfait de cette victoire. Depuis combien de temps le FC n’a-t-il pas été convaincant dans le jeu ? Bonne question, j’aurais tendance à dire Toulouse en Coupe de la Ligue. Mais en championnat ? Aucun souvenir. Quel joueur présente un niveau de performance régulier ? Certains répondront Falette. Réponse intéressante. Car le fait est que Falette a beau être notre meilleur défenseur, il n’est pas exempt de défaut. Et lui aussi peut être un fléau pour ses partenaires.

Falette, gwada vraiment solide ?

Penchons nous donc sur le cas de Simon Falette. Il est vrai que pendant une bonne partie du match, en dépit de certains dégagements mal maîtrisés dans l’axe, j’étais plutôt impressionné par sa capacité à tenir en laisse l’attaquant adverse. C’était surtout le cas quand Gomis, plutôt statique dans l’axe contrairement à Bouna Sarr, est rentré. Pelé a systématiquement cherché son attaquant sur ses dégagements et Falette était très souvent dominateur et empêchait Gomis de pouvoir utiliser correctement ses ballons. C’est bien là son point fort, sa solidité dans les duels. Il me fait d’ailleurs un peu penser à Palomino à ce sujet, en plus costaud physiquement. Sa capacité à dominer son vis-à-vis dans les duels est assez impressionnante et témoigne de sa qualité physique : sa force et ses mouvements relativement rapides pour un défenseur. De plus, il a semble-t-il progressé dans un domaine qui aujourd’hui est un facteur clé pour déterminer ce qu’est un bon défenseur, c’est sa relance. Il a été de loin le Messin le plus propre dans ses transmissions avec 85% de passes réussies. Certes, il n’en a tenté que très peu vendredi, et majoritairement peu risquées mais c’est bien une statistique propre à ce match, lui qui en effectue bien plus d’habitude en prenant des initiatives et des risques pour sortir les ballons de manière intéressante. Du stade, j’étais assez enthousiasmé par sa prestation.

Mais il est vrai que tout n’a vraiment pas été parfait et que le défenseur grenat aurait pu coûter cher à son équipe. Tout d’abord bien évidemment par ce dégagement assez maladroit qui aurait pu finir dans la lucarne de son gardien, et également par ses dégagements manqués plein axe que les adversaires n’ont pas su exploiter. Mais ce qui est frappant quand on regarde les actions dangereuses marseillaises, et Falette est coutumier du fait, c’est son placement défensif très hasardeux. Souvent, il ne respecte pas l’alignement et se retrouve dans des situations où il n’est pas au marquage, et où il remet même en jeu les attaquants adverses. L’exemple le plus flagrant ? L’action même de la barre.

Falette n’est ni au marquage de Cabella, ni aligné. Au final, il se met en difficulté tout seul.

Une autre situation illustre parfaitement les mauvais choix de placement de Falette mais souligne aussi les errements défensifs globaux de la défense messine, celle de ce ballon de Lopez pour Thauvin en première mi-temps, évoqué plus haut. Falette suit d’abord Thauvin et décide trop tard de se réaligner, laissant ce dernier à la limite du hors jeu et semant la confusion par la suite dans la défense qui ne sait plus comment s’organiser (je vous invite pour vous en rendre compte à bien regarder cette action, disponible sur le résumé proposé par le LFP).

Doukouré ne presse pas Lopez qui a le temps de voir Thauvin, suivi par Falette, qui casse la ligne de hors-jeu de ses partenaires.

Falette tente de se réaligner pour mettre Thauvin hors-jeu. Trop tard, le ballon est déjà parti.

Balliu et Bisevac ne savent pas quoi faire et trottinent, Falette demande le hors-jeu. Heureusement, Thauvin rate son contrôle et bute sur Didillon.

Il y a donc pas mal de fragilité encore présente, même chez l’élément défensif le plus performant de l’équipe, et il va vraiment falloir qu’Hinschberger, puisqu’il semble parti pour finir la saison, y remédie au plus vite.

Un deuxième point d’inquiétude concerne le système de jeu mis en place par Hinschberger, le fameux 4-4-2, si cher au cœur des supporters grenats. Avec l’arrivée de Diabaté, et la perspective de le voir aligné aux cotés d’Erdinç, cela peut se comprendre, mais pour cela il faudrait que ce dernier s’implique un peu pls aux entraînements et ait encore envie de jouer pour nous *ahem*. Le fait est que l’on s’appuie sur Diabaté pour compenser notre manque de qualité technique au milieu, en envoyant des pralines les plus souvent irrattrapables, par Bisevac, Balliu, et Assou-Ekotto. Diabaté s’est battu comme un beau diable et a réalisé une belle prestation, mais c’est Vion qui en a fait les frais.

Absent des débats, il a été incapable de peser de quelconque manière sur le jeu et a été très imprécis dans ses transmissions et peu tranchant dans ses appels. Vion aurait besoin d’être mis dans de bonnes conditions et d’être convenablement servi, mais ce ne fut pas le cas. Lejeune a effectué un match famélique, peu aidé par sa condition physique perdue probablement à jamais, et Nguette a encore une fois tout loupé : pas un seul dribble ni un centre réussi, les trois quarts de ses passes ratées… C’est vrai oui, Vion n’a vraiment pas été utile sur ce match. Mais il n’a pas été mis en condition. Encore une fois donc, on se heurte à un problème : le 4-4-2 n’est pas un remède miracle. La base, c’est ce qu’on fait du ballon quand on l’a. Et on n’a toujours rien montré qui permette de dire qu’on progresse collectivement.

Bon ok, l’équipe y va un peu fort.

Il serait mal vu de finir cet article sans finir sur une bonne note. Merde, on a gagné quand même. Parce qu’on est un peu dur avec le niveau de jeu de l’équipe, les choix du coach… Mais au final, le déroulement de ce match n’était-il pas parfait ? Ne faisait-il pas partie d’un plan ? La plupart d’entre nous, et j’en fais partie, se seraient déjà bien accommodés d’un match nul, face à une équipe mine de rien bien solide sur le papier. C’est je pense ce que se disait Hinschberger, qu’il ne fallait pas se risquer à attaquer en nombre bêtement, vu la rapidité et la qualité technique des attaquants adverses, il faut le reconnaître, supérieures à celles des nôtres. D’où les positionnements bas de Doukouré et Philipps, qui se sont bien battus au milieu de terrain et ont effectué une partie tout à fait honorable, malgré quelques difficultés parfois, présents dans les duels, grattant des ballons précieux. Mention spéciale au second cité, qui, se retrouvant titulaire en Ligue 1 un peu malgré lui, continue à ne rien lâcher.

La stratégie de l’entraîneur, logiquement, aurait été de laisser passer l’orage en première mi-temps et d’exploiter la fatigue adverse en fin de match. Cela n’a pas été fait de manière brillante et parfaitement sereine mais le résultat est là pour cette fois. La rentrée de Sarr a fini d’achever des défenseurs marseillais qui étaient déjà complètement à la ramasse, et a agi comme un catalyseur, en obtenant, encore une fois, la faute décisive. Celle de Jouffre, qui pouvait sembler surprenante au premier abord, a été salvatrice, quoiqu’on en dise, sur cet ultime coup-franc. Hinschberger a pu cette fois dormir un peu plus tranquillement, et même si elle mesure la quantité de travail que ce dernier a encore sur son bureau, la Factory décide de se joindre pour une fois au staff et aux joueurs dans la célébration de la victoire face à ce club de gros crasseux.

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Rendez-vous mercredi 19h pour un match encore plus moche, Metz reçoit Dijon à Saint-Symphorien, encore une fois. Ça sent la douille.