J’ai été en Tribune Nord.

J’ai été en Tribune Nord.


Éjecté depuis fin 2016 de la tribune la plus dangereuse de France et des DOM-TOM, je dois avouer qu’en ce samedi 18 février 2017, le stade me manque un peu. Quoi de mieux me direz-vous, pour y retourner, qu’un bon vieux classique de la Ligue 1 Orange, j’ai nommé Metz – Nantes ? Problème : les Da Rocha, Moldovan, Savinaud, Letizi, Bastien et autre Signorino on laissé place à Sala, Mandjeck, Doukouré, Stepinski et autre Signorino. C’est ainsi qu’à 20h05 je récupère ma place en Nord Haute, place acquise gratuitement grâce à ma licence de sale arbitre (de toute façon je vous emmerde, je rejoins bientôt Clattenburg en Arabie Saoudite Inch’Allah). Après d’âpres négociations de quelques amis (oui on peut être roux, arbitre et avoir des amis) qui ne réussiront pas à échanger exceptionnellement leur abo en Est pour une place en Nord et qui me laisseront donc livré à moi-même (il y a des choses qui ne changent pas), j’entre dans le stade. On a dépassé la demi-heure de jeu mais vu le bruit du stade, on a rien loupé si ce n’est un pénalty oublié (que j’ai vu en dehors du stade) sur Diabaté (ou Diagne, ils sont tous n…. non rien).

J’entends que Metz réalise une première période relativement correcte, ce qui signifie sans doute qu’on a allumé 2-3 pigeons en Ouest Haute et autant de passes vers l’avant, mais que Hamdoullah on a pas concédé d’occasion. Comme dirait l’autre :  » On a fait notre match. « 

C’est marrant comme les choses changent avec l’âge. Dans mes souvenirs, quand j’allais au stade avec mon père, c’était une tribune plutôt cool. Abordable, qui offrait une vue plutôt bonne (quoique pas suffisante pour voir Mandjeck) pour tout apprenti tacticien. La tribune est devenue un peu moins abordable (dit-il alors qu’il a pas payé sa place, je le rappelle) mais les tacticiens sont toujours là. Vous savez ? Non ? Mais si ! Ceux qui râlent quand ça fait une passe en retrait parce qu’il n’y a pas de soluce devant, du coup les joueurs pètent devant et là ça râle parce que ça pète devant. Ah ! Maintenant vous vous souvenez ! J’ai aussi eu droit à une bande de petits bourgeois péteux qui ont passé la seconde période à sortir des vannes du genre :  » Oh les Messins il faut rendre les chaises longues maintenant ! Haha  » au bout de 30 secondes de jeu.

Vous pensez que c’est déjà beaucoup, que nenni. L’ultime blasphème n’a pas encore été réalisé. Nous jouons la 78ème minute, et après que Cohade ait été repositionné ailier gauche, Hinschberger se dit :  » Tiens et si je faisais rentrer un ailier pour jouer sur une aile ? Toc, prends ça Jardim ! C’est moi le meilleur coach de L1 !  » L’ailier en question se nomme Gautier Hein. Et là, qu’entends-je ?

 » Ah regarde là bas, il y a la petite pépite du club qui va rentrer. Tu sais, le jeune luxembourgeois ? Ah oui, Gautier Thill ! «   Bousillé par ce que je venais d’entendre, j’en suis resté de marbre et caché dans ma parka, je ne trouvais pas la force de me lever pour fêter le but égalisateur de Dieubaté, les yeux vidés de tout âme.

Je déconseille de plus vivement cette tribune à tout habitué des kops. Dans la masse, sans porter de réelle attention au match, on a tendance à croire que chaque ballon dans la surface est synonyme de danger. Messieurs les Ultras et autres sympathisants, je peux aujourd’hui vous l’affirmer. Un déboulé d’Ismaïla Sarr suivi d’un centre, c’est beaucoup de chose. Mais pas du danger.

ALLEZ MANDJECK !