Fonction phorique du porte-rêve : @umut_bozok ou le mythe du sauveur

Fonction phorique du porte-rêve : @umut_bozok ou le mythe du sauveur


Dure est la réalité du football lorsque nous sommes le FC Metz. Ces mots terribles sont malheureusement partagés par beaucoup de personnes au sein de la Team FC, et qui serions-nous pour dire l’inverse en ces temps si difficiles ?

En sortant de ma journée intense de travail à traiter des personnes encore atteintes d’un choc traumatique, mêlant un fruit du travail et une voiture allemande de qualité bien moins importante que son prix, je me suis surpris à traîner virtuellement au sein des repères messins (conseillés par les beaux mâles cis-genre-hétéro blanc binaire de la Grenat Fucktory). Rien de neuf au pays du soleil, si ce n’est cependant les diverses divagations fantasmagorique que je retrouve de ci, de là. En ce moment, mon œil de praticien se place sur une élucubration répétée :

Un jeune du centre de formation parti chez les sardines de Consolât brillerait avec le club en question. Mettant du coup en péril les savoirs du FC Metz chez les supporter qui du coup regrettent qu’il soit parti et qu’il n’ait pas brillé avec le club grenat.

L’esprit tout d’abord amusé je me suis mis ensuite à me concentrer. Avais-je bien senti ce qu’il se jouait là ? Il me semble bien. Je venais par mégarde de m’engager sur le fantasme de supporter à l’égard d’un jeune qui n’a pas éclot, quelque chose que la psychanalyse nomme comme étant la fonction phorique du porte-rêve dans le système groupale. J’ai donc décidé de me lancer dans cet aspect si particulier de la fonction de supporter dans la relation intragroupale que peut susciter la vie d’un club de foot. Ce sera peut-être l’occasion pour moi d’en faire un article sur ScienceDirect et d’en boucher un coin à M.Pichard une bonne fois pour toute.

Explication. Dans la dynamique sociale s’inscrit plusieurs rôles inconscients conscientisés, ces rôles sont définis par la dimension intersubjective de tout à chacun mais aussi par le ressenti des uns envers des autres. C’est ce qu’ l’on nomme l’appareil psychique groupale. Le FC Metz fait parti de cet appareil au même titre que les joueurs, les supporters, le président, etc… Au niveau le plus large et le plus précis qu’il soit pour chaque membre. Chaque membre représente ce que l’on appelle une figure phorique. Ces figures sont les rôles définis par l’inconscient collectif conscientisé de l’appareil psychique groupal.

Chacune de ses figures possède une fonction, une fonction dite phorique. Et chaque figure à sa propre fonction, et certaines figures sont incontournable dans n’importe quelle groupe.

Pour démontrer mon cheminement de pensée, je place le contexte :  

Les supporters, figure phorique du porte-voix, voient dans le FC Metz la figure phorique du porte-symptome, celui qui va mal et qui te pourrie l’ambiance dans une soirée tranquille où t’étais à deux doigts de rouler une galoche à Sophie Lopez de Seconde 6, en somme. Pour ces derniers, où seule l’ombre et les ténèbres viennent s’interjecter devant leurs yeux, les pupilles du centre de formation font « presque » figure de porte-rêve car à partir du moment où elle se pointe sur les prés de Ligue 1, ces jeunes pousses se font huer jusqu’au bout du ‘uc par la tribune Nord qui transforme ces derniers en figure phorique du bouc-émissaire (alors que l’équipe de GF me dit dans l’oreillette que s’il y a « bouc » il y à Rivierez de par sa condition chevrotine NDLR).

Sautons maintenant les exemples pour passer directement au mythe du sauveur en incorporant dans l’appareil psychique groupal un élément qui fut sorti du groupe : Umut Bozok.

Encore au centre de formation, la plèbe n’avait que faire de cet avant-centre, et à vrai dire : le FC non plus. Tant et si bien qu’il ne passa jamais pro et qu’il fit ses armes cette saison en national à Consolat et qu’à l’heure où j’écris ces lignes, il dispose de 16 ballons déposés dans les filets de 3ème division. Mais voilà, le porte-symptome FC Metz va très mal, les figures bouc-émissaire se multiplient au sein même du porte-symptome et le porte-parole, sensé lié la vision subjective de chaque membre du groupe, a disparu (#FreeHorda). Le groupe va mal et son équilibre bien que bancal, ne peut être sauvé en enlevant le porte-symptome, source du malheur. Car sans ceci, il n’y a plus d’équilibre dans le déséquilibre. C’est pour cela que le groupe se tourne vers l’extérieur et vers l’ancien de la maison, le désormais porte-rêve : Bozok.

Le porte-rêve à une fonction magique, grâce à lui tout sera possible dans le futur. Dans le présent non, mais c’est pas grave puisque le futur sera brillant grâce à lui, on lui pardonnerai presque de ne plus jouer dans l’équipe du porte-symptome. C’est le mythe du sauveur, le mythe qui hante les appareils psychiques des groupes depuis la nuit de temps. Comme si lui et seulement lui pouvait tout améliorer, comme si la remise en question des membres du groupe n’était pas envisageable, et que seul un ajout positif permettrait le soulagement du porte-symptome. Dans cet article je parle de Bozok, mais il en va de même pour chaque jeunes parti ailleurs sans signer pro et qui font quelque chose à un moment donné, bien entendu.

Prise en charge. Une remise en question de ces états phoriques est à réaliser en sein du groupe. Cependant la réalité clinique dépasse la théorie et le porte-hiérarchie n’étant pas porte-testicule, le dialogue sérieux n’aura jamais lieu. Un travail sur les représentations extra-groupales est à faire pour les porte-voix, les supporters, pour écarter toute illusion du porte-rêve car même une fois celui-ci revenu, il ne matérialiserait pas les espoirs et deviendrait bouc-émissaire à son tour (sa meilleur place est donc hors du groupe). Un travail de développement intellectuel est aussi à prévoir pour apprendre la différence entre première et troisième division, ainsi que but dans le jeu et penalty.

Ce ne sera pas long mais il y a pas mal de monde à voir, je suis libre du lundi au jeudi (pas le vendredi c’est Shabat). 

Pour mes coordonnées prendre contact avec la rédaction de Grenat Factory. Évitez de vous garer devant le garage en venant au cabinet, les vélos sont cependant autorisés.

Psychanalyste de renommée discutable, TataYoyo sévira sous la bannière de Grenat Factory aussi souvent qu’ils en auront besoin. Tant que la séance est payée, bien sûr.