#FCGBFCM: interview du twittos descendant des Cornelii Scipiones: @Scipionista

#FCGBFCM: interview du twittos descendant des Cornelii Scipiones: @Scipionista


Aujourd’hui rendez-vous est pris avec, comme notre titre l’indique un descendant des Cornelii Scipiones. Si l’on connait principalement chez le cercle des Scipions un certain Scipion Emilien, consul, général romain, rendu célèbre pour avoir détruit Carthage, et fait de l’Afrique une province romaine au IIè siècle avant JC, il n’en résulte pas moins qu’un autre sévisse, lui aussi sur le monde, enfin sur le monde impitoyable de Twitter. C’est donc @Scipionista que nous recevons aujourd’hui pour cette interview sur les Girondins de Bordeaux. 

D’emblée comment tu vois cette saison? La nouvelle ère  Gouvernec, le nouveau board ?

Pour l’instant c’est une valse à trois temps : la première en début de saison avec une fraîcheur et des résultats intéressants. L’effet Gourvennec, comme Sagnol il y a deux ans. Après, pendant quatre mois, ça a été beaucoup plus compliqué : des victoires à l’arrache contre Dijon et Lorient, un contenu de jeu faible et des prestations ratées face aux gros. Y’a eu une prise de conscience en janvier, vu le potentiel du groupe. Les transitions sont beaucoup plus rapides, Toulalan est installé à son poste de toujours et la KLM (Kamano, Laborde, Malcom) est très vive et complémentaire. Du coup on a eu cette belle remontée au classement mais le dernier match à Angers montre que l’équilibre est encore fragile.

Pour le board on a vécu un changement de président très soudain et on a pu vérifié que Jean-Louis Triaud est une véritable icône auprès des supporters. Malgré les quelques années récentes de galère, il y a eu pas mal de titres sous son mandat et surtout une manière de s’exprimer unique, à mi-chemin entre le « jemenfoutisme » et l’élégance à la Française. Triaud qui s’en va, c’est aussi et surtout Malboro qui perd 150 salariés. La fin d’une ère.

Quel joueur on peut vous piquer pour tenter le maintien 2017-2018 ?

Vous avez déjà pris Cheick ce qui est en soit, une garantie ininterrompue de succès pendant une dizaine d’années. Après sérieusement on en a des joueurs à vous filer : Contento, Prior, Poundjé, Kaabouni, Traoré et Kiese Thelin (oui il est juste en prêt). De quoi être rétrogradé directement en National. Après, comme homme de défi, je vous conseille Willy Sagnol. Il chante pas Cabrel comme votre coach mais ce sera aussi explosif qu’un pétard sur Lopes.

Gourcuff a fait sa seule saison pleine chez vous, il faut bouffer dans quel restau pour que Yann Jouffre enchaîne 2 matchs ?

Il y a énormément de bonnes tables ici. Funky Burger pour les amoureux de Trump, Peppone, un petit italien très prisé, le Petit Bois pour les trucs en amoureux (non Chamakh et Gourcuff n’y sont jamais allés ensemble) et bien sûr l’inévitable l’entrecôte où les mecs font la queue pendant plus d’une heure des fois. Je trouve que t’es sévère avec Jouffre. Il a quand même claqué un superbe coup-franc à l’albatros, Yohan Pelé.

Pourquoi Diabaté a t-il quitté Bordeaux ?

Cheick voulait vérifier s’il était prophète en son pays, six mois en Turquie l’ont suffit pour le convaincre de rentrer en France, sans être fiché S en plus. Tout le monde regrette son éloquence verbale, ses prouesses techniques et ses penaltys dignes de Zaza, l’Italien. Samedi soir ce sera spécial de le revoir au stade, avec une autre tunique. Pour lui rendre hommage Triaud fera des roues arrières sur son lama avec un fumi au bec. J’en ai sans doute trop dit…

À quand un Bordeaux-Vilnius pour rendre hommage à Trintignan ?

Dans la capitale girondine, un proverbe dit « si tu n’as pas croisé Bertrand Cantat légèrement éméché avant tes 30 ans, tu as raté ta vie ». Je l’ai croisé deux-trois fois à vélo dans le quartier Saint-Michel, ça me rappelle son titre l’homme pressé que tu gueules en soirée à 2h du mat, sans aucune crédibilité. Après pour affronter ce prestigieux club européen, il faudrait déjà se qualifier en C3 ce qui n’est pas encore acquis. Grand méfiance tout de même envers le FK Žalgiris Vilnius, c’est pas Gijon, c’est pas Valladolid.

Le petit pull, on le noue aux épaules ou à la taille pour aller au stade atlantique ?

À la taille c’est plus pour aller à la brocante le dimanche matin à Pessac ou Cestas. Parfait pour dissimuler la banane Lacoste dont on a un peu honte. Noué sur les épaules, c’est un signe de reconnaissance entre Bordelais. Même si dans les faits, tu crois à peine dix gars qui s’habillent de cette manière-là. Sur le Bassin d’Arcachon c’est beaucoup plus authentique. Après à Bordeaux on a aussi des mecs en survêtement de Chelsea, du Milan AC, ou du Bayern. Des supporters de l’OM quoi.

Plutôt laine ou cachemire le pull ? Les carreaux est-ce obligatoire ?

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise matière pour les pulls bordelais, juste un flegme à adopter avec. Tu mets un sweat Kipsta à Jean-Louis Triaud, avec son cigare au bec il aura toujours la classe crois-moi. Cette image bourgeoise colle tellement à cette ville alors que dans les faits, il y a une grande diversité. Sur les quais, il y a notamment des punks à chien, et des costauds du genre Raul Meireles et Martin Skrtel, des mecs qui bouffent des guêpes hein.

Est-ce vrai que les chapeaux de Roland Garros sont en vente à la boutique du club ?

On trouve de tout dans les échoppes des Girondins : les cheveux de Chamakh, le talent de Maazou, les tibias arrachés par Henrique et même la modestie de Dugarry. Il n’y a pas de section tennis au Haillan, les joueurs privilégient le golf, comme Plasil.

On y fait quoi à Bordeaux à part être hautain et mépriser le quart sud-ouest de la France ?

Certains bataillons résistent toujours et encore à cette appellation de chocolatine qui divise et attise la haine entre les Française. La ville a beaucoup changé avec l’arrivée massive des étudiants venus des Landes, du Pays basque, de la Dordogne etc. C’est dur de trouver un mec aigri à Bordeaux, à part Michel Pavon. Y’a des supers pubs, des quartiers animés, une librairie sympa et même du rugby pour les plus masochistes.

Est-ce que voir dans ses rangs un joueur qui aime le FC Metz (Maurice-Belay) est une explication au fait que vous soyez un club de merde ?

WOWOWOWOWOWOWOW tu ne touches pas à Maurice-Belay, Edson Nacimiento da Souza de son vrai nom. L’un des plus grands artistes brésiliens de l’histoire. Son duo avec Trémoulinas lors des années Gillot était fabuleux, un modèle de connexion, tel Roberto Carlos avec Rivaldo à la grande époque. Beaucoup de supporters aiment NMB pour sa franchise et ce qu’il montre sur le terrain. Même s’il a les statistiques de David Gigliotti, ça ne reflète pas son niveau même s’il a disparu des terrains depuis plus d’un an à cause d’une blessure.

Plutôt Maxime Poundjé Ou Maxime Mianat ?

Disons que c’est comme Batman et Bruce Wayne. On ne les a jamais vu au même endroit en même temps donc le mystère reste entier. L’un envoie des parpaings sur le terrain, l’autre en écrit sur internet. Deux artistes incompris.

À Bordeaux on est d’accord que l’extrême gauche c’est Macron ?

C’est très bien trouvé ça, surtout que Bordeaux est limitrophe d’une ville de cryptocommunistes dirigée par Mao Mamère : Bègles. La quiétude de cet endroit fait que l’on aura jamais de gros bouleversements au niveau des mentalités. Pourtant, les ultras marines, qui font un taf formidable sont à gauche à 100%, engagés dans l’antifascisme et d’autres luttes sociales. Autant te dire que tu peux pas te ramener avec un tee-shirt « In Le Pen we trust » dans le virage.

(NDR : Nous vous éviterons une photo des Ultramarines, par respect pour nos lecteurs)

C’est vrai que le programme des matchs à Bordeaux, c’était le journal de campagne de Juppé ?

Y’a un peu de ça : pas très sexy, sans sursaut et très conformiste. Après quand Juppé a fait du beer-pong dans un bar avec des étudiants, c’était une fantaisie bien sympa, un peu comme Malcom sur le côté droit de notre attaque. Quand on l’a surnommé Ali Juppé aussi, ça montrait qu’avec Ounas et Khazri, on savait mettre en avant les talents du Mahgreb. Malgré son apparence froide, il sait être fun de temps en temps.

J’en profite pour témoigner ma plus grande sympathie à l’égard des toulousains qui liront cette interview. Pour vous, à jamais. FORZA TOLOSA !