Ô Didillon, Didillon, pourquoi es-tu Didillon ?

Ô Didillon, Didillon, pourquoi es-tu Didillon ?


« Ô Didillon, Didillon, pourquoi es-tu Didillon ? Renonce à ton poste et abjure ton nom; ou, si tu l’aimes mieux, jure seulement d’être mon préféré, et je cesse d’être un fan désabusé. » William Shakesbeer, 2017.

Dans toute cette citation se balade mon désarroi messin depuis une bonne partie de la saison. Car oui je l’avoue : je suis un vulgaire fanboy. Si TataYoyo avait été adolescent, il aurait collé des posters de son Senpai dans toute sa chambre (#NoHomo) et aurait voulu être comme lui plus grand.

Straight outta Seraing

Débarqué à Metz après un prêt à Seraing, la jeune pousse CentreDeFormationneuse arrivait avec toute sa jeunesse, son autorité, et une place de numéro 1 pour le retour de Metz dans le purgatoire du championnat français. Comme un phare nous guidant dans le lointain, peu de beau jeu et de football à se mettre sous la dent au sein de notre cher FC Metz. C’était ce moment tragique où notre feu-entraineur pensait qu’Amido Baldé pouvait être une concrète solution en avant-centre, guidé par un Carlos Freitas en méchant de dessin animé et un D’onofrio pas encore crise cardiaqué.

Faisant sous-peser ses parties génitales aux adversaires en début de saison, le jeune et frêle Thomas parvint à nous garder la tête hors de l’eau et ainsi,  nous promettre un avenir un peu plus radieux que prévu.
Puis une sortie pleine de Cojones en salle de presse lorsqu’on te demande si c’est gênant d’avoir autant de nationalité dans le vestiaire. Cette sortie fraiche et sans langue de bois nous faisais nous sentir vivant à nouveau : nous, supporters d’un club abonné trop longtemps aux joueurs sans éclat. Nous, supporters qui de ce fait mettons en avant des qualités d’équipe de bas-classement comme la combativité et la sincérité. Nous, supporter, avions aimé ce petit jeune Grenat à la grinta rageuse et à la grande gueule.
A ce moment là tu représentais tout ça mon Didillon. Tant et si bien que par une envolée lyrique sur un précédent blog (dont je tairais le nom pour une histoire de confidentialité et de royalties) je me suis pris à te surnommer ainsi même sur les réseaux sociaux :

Etais-je le premier ? Je ne saurais le dire, bien que chronologiquement Twitter me donne raison, mais au final cela n’a pas d’importance tant cette appellation avait de sens pour moi et en a toujours. Je suis un romantique du Football, je le vis avec passion et je sais me satisfaire des petites choses (c’est mieux lorsque l’on supporte le Fc Metz d’ailleurs) et de ce fait il m’arrive souvent de trop en faire, il est vrai. Mais cette hype a survécu fort longtemps et preuve qu’il en était que je n’étais pas le seul à voir en lui ce qu’il promettait pour le futur.

Tu représentais l’avenir et nous te chérissions, même lorsqu’un soir frileux contre Créteil tu ratais ta sortie au pied et pris un but casquette. Ce n’était pas grave, on reprend et on repart. Impliqué ? tu l’étais. Les supporters ? tu les aimais. La montée ? c’était fait.

La Kawashimhype

Il était fort, il était beau, il sentait bon la soupe Miso : l’arrivée en ligue 1 signe aussi l’arrivée du portier de la sélection nippone Kawashima. Venu pour faire passer son expérience, cela semblait être le complément parfait à notre Didillon qui a déposé une deuxième partie de saison de ligue 2 en dents de scie et qui avait bien besoin de bons conseils. Nul n’aurait pensé voir passer Kawashima devant dans la hiérarchie, ou plutôt : passer derrière Dieudillon.

Problème d’ordre médical pour notre portier, un problème qui impacte lui, les supporters et l’entraineur : une macrocéphalie célébriteuse.  Et là c’est le drame, sa grande gueule devient tout à coup une grosse tête; sa capacité de progression devient tout à coup de l’incompétence; ses sorties hasardeuses imputées à la jeunesse sont tout à coup imputé à sa médiocrité. Tout de noir ou de blanc au FC Metz, coté cour comme coté jardin on le sait bien. Le traitement pour cette maladie est sans appel : une mise à l’écart du groupe sur quelques matchs.

Nous sommes le 14 Mai 2017 et Metz vient d’accrocher le match nul face à Toulouse. Je descend le boulevard Saint-Symphorien après avoir failli voir un énième match perdu dans les dernières minutes. Mais cette fois-ci, Kawashima était là et il a stoppé ce vilain penalty. Le hurlement de joie laissait en même temps place à la tristesse, mais pas n’importe laquelle. Vous savez, c’est celle des films américains : où les personnes bougent au ralenti sous un filtre lumineux et toujours souriants. C’est cette tristesse là qui commençait à grimper au fur et à mesure que notre bon Eiji justifiait la mise à l’écart de Thomas. A chaque pas sur le bitume, un commentaire encensant le nouveau portier, et descendant le dernier.
La culture de l’instant je vous dirais, la réponse à la déception j’ajouterais.

Car ma vision concernant ce jeune joueur est biaisée, je ne vois en lui que le potentiel de ce qu’il peut être, lorsque d’autres voient ce qu’il est. Et chaque match cible cette vision. En commençant très fort et en venant de nulle part, il a s’est mis la barre haute et il se peut qu’une bonne frange de supporter l’ait surestimé dans son présent. Alliez cela au fait qu’on ne fait aucun cadeau au prétentieux dans le monde du supporterisme vrai, c’est surtout de la déception qui parle lorsqu’après le coup de sifflet final : on relègue déjà Didillon au placard.

Numéro 1 ou pas, c’est surtout au Fc Metz que j’ai envie de le voir. Et rien n’est plus difficile pour un vulgaire Fanboy comme moi que de voir ce joueur mis de côté, mais surtout méprisé alors qu’il fut plus qu’adoré.
Pourquoi es-tu Didillon, ô Didillon ? 21 ans et un bel âge, surtout lorsque ton concurrent en a 34. Mon souhait le plus fort c’est de prier pour ne pas voir notre cher Tom faire une Joris Delle. Je l’ai trop aimé pour l’insulter chez les Lensois. Et même s’il s’avère devenir une tête de con horribilis, il sera toujours pour moi le phare de l’USS FC Metz qui était proche de sombrer plusieurs fois la saison passée.