Ismaila Sarr : le poulain aux souliers d’or messin

Ismaila Sarr : le poulain aux souliers d’or messin


Tristan Bernard a écrit : « L’argent n’a pas d’odeur, mais à partir d’un million il commence à se faire sentir » C’est ainsi qu’on peut résumer le dossier « Ismaila Sarr » en ce début du mois de Juillet. La question qui prévaut sur tout le reste : faut-il garder Izo Sarr ?

La réponse dépend du point de vue, on en convient, mais à la GF on tente d’apporter une idée de réponse. Ismaïla Sarr c’est la révélation de la saison dernière, après des débuts  « compliqués », il a su tirer son épingle du jeu, trouver des souliers d’or à ses pieds et empiler les coups d’éclats tel un feu follet. Son talent ? Il a crevé les yeux de tous. Il faut donc être pragmatique. Quelle est la politique du club face à son avenir ? Si devant l’organe de propagande du club, qu’est le Républicain Lorrain, on feint une volonté de le garder, en off’ c’est un autre affaire.

L’enjeu économique :

Loin d’être une grosse cylindrée de la Ligue 1, notre club à la croix de Lorraine doit répondre à des impératifs économiques. Pour la saison 2016-2017, le FC comptait 30-31M€ de budget. Sous ce graphique datant des revenus de la saison 2014-2015, que le site EcoFoot a bien compilé, on constate la dépendance de notre club aux droits TV. A l’issue de cette saison, le FC Metz a enregistré 18M€ de droits TV, ce qui équivaut à 60% du budget. Pendant ce temps, les abonnements rapportent moins de 10M€, enfin, les accord commerciaux exercés par le club rapportent trop peu pour permettre de compenser cette vision manichéenne.

Magnifique graphique de type graphique

Il y a les droits TV qui prédominent s’un côté et les miettes qu’on rassemble sans C+ ou BeIN de l’autre. L’accord conclut avec LC2 international (une chaine de télévision Béninoise(?) On ne savait même pas que la télé existait là bas). «Tchad oasis du Sahel » comme figure de proue du partenariat Tchad-FC Metz a été un échec à tous les niveaux. Un échec de communication d’abord, on a vu le FC Metz en mauvaise posture pour promouvoir un pays, qui connaît un régime présidentiel à la limite d’une dictature mené par Idriss Déby. On a vu plus respectable comme régime politique. Le FC a subi en retour l’opprobre de la diaspora tchadienne lors de la venue au stade Charléty contre le Paris FC lors d’un match de coupe de la Ligue. Une bien mauvaise publicité que le club aurait pu éviter.

Tous ensemble tous ensemble hé hé

D’autres parts, des voix se sont élevées au Tchad pour dénoncer cet accord alors que le pays traverse une importante crise économique, mais « business is business »  au pays de La Moustache. Un échec commercial ensuite, avec le non-paiement du partenaire tchadien. Enfin un échec vestimentaire, quoi de plus affreux que ce maillot avec ce sponsor ? Sérieusement, même la Banlieue Sud est moins ridicule avec « Sopalin ». Dans la panique, on appelle à la rescousse « Force Glass » marque de la société « Big Ben Interactive » dont le PDG est Alain Falc, membre du Conseil d’Administration du FC Metz. Ce n’est donc pas cette année que le FC Metz a fait le plein ou briller par ses accord commerciaux. Sacré couac pour Yann Kaysen, directeur commercial du club depuis 1 an. On aurait pu espérer mieux, voire moins honteux, tant pis. Le karma.

Tant que y’a la vie, tant que y’a la vie On dit toujours y’a espoir

Une perte sportive relative :

Faute de revenus suffisants dépendant chaque saison des droits TV, la hype d’Izo Sarr est synonyme de bouffée d’oxygène pour le FC Metz. Le jeune sénégalais va quitter le FC Metz, il  a une valeur marchande non négligeable, c’est une certitude. Il faut être aveugle ou pratiquer la politique de l’autruche pour refuser cette issue. Par le biais des médias on estime le montant de son départ autour de 15-20M€ (60% du budget de cette saison).

Déclaration de Bernard Serin l’an dernier à propos du budget du club

De plus le FC Metz ne semble pas connaître une saison déficitaire financièrement. En effet, plus habitué à faire l’ascenseur, le club avait pris l’habitude de vendre pour combler son déficit. La manne financière que représente son transfert est un motif suffisant pour le vendre. Cela va s’en dire qu’en vendant notre numéro 26, le club n’aura pas un virement sec du futur acheteur : Stade Rennais ? Dortmund ? Leipzig ?  XYZ ? Mais bien un étalement de ce paiement.

Que faire de cet argent ? Seul La Moustache le sait, mais il serait de bonne augure d’entamer une réflexion sur les installations désuètes et indignes d’un club de Ligue 1. De mettre une partie de cette somme en réserve afin de s’en servir lors d’une future descente éventuelle. Voire au mieux d’investir dans le recrutement de nouveaux joueurs, d’augmenter la masse salariale afin d’attirer des joueurs qui semblent hors de portée.

Le genre de joueur qu’on pourrait se payer avec le départ d’Ismaila

En outre si l’on se base sur un plan purement sportif, c’est une perte très importante. Dans une équipe qui ne connaît pas un système tactique viable à long terme, et qui compte sur les individualités, l’impact du départ d’Izo sera majeure. Un vide à combler, inutile de rappeler les qualités de ce poulain d’or tant il a crevé l’écran. Mais si l’on souhaite conserver Sarr, c’est un risque économique que le club s’engage à prendre, en effet il est tout à fait possible qu’il ne confirme pas la saison prochaine, voire pire, qu’il se blesse gravement et qu’il ne retrouve jamais son niveau. Les exemples de jeunes cracks qui ont connu une grave blessure et qui n’ont jamais pu se remettre en selle font légion.

Tout cela n’est évidemment qu’hypothèse mais cela reste une variable à prendre en compte. Aucun ne remet en cause, du moins à la Grenat Factory, les qualités d’Izo Sarr, seulement tout va vite dans le football. On souhaite bien évidemment QUE le meilleur à Ismaila, on sait qu’il est capable de jouer un jour une finale de Ligue des Champions, et puis merde un peu de chauvinisme, il peut prétendre au Ballon d’Or.

(On assume pas cette dernière phrase)