Dire au revoir à Vincent Hognon

Dire au revoir à Vincent Hognon


La nouvelle est tombée dans une émission Canal+ qu’il n’y a vraiment plus que ce cousin lointain qui regarde et c’est lui qui nous a réveillé d’un « t’as vu ? » : Fred Antonetti, le « Boss », reprend les rênes directement sur le banc pendant que Vincent Hognon quitte le club. La sentence, irrévocable comme on dit, énoncée par le ton froid et distant d’Hervé Mathoux a réexcité le microcosme messin au point que certains en ont oublié qu’ils voulaient encore la « tête à Hognon » sur un pic il y a moins de 5 minutes. Dans ce climat improbable, comment, dès lors, dire pleinement au revoir à coach Vincent ?

Le tactique freak : un adieu footalitaire

Qu’a apporté Vincent Hognon à l’histoire du football mondial à défaut du football messin ? Une prise en main dans un contexte lourd, un titre de L2 et un maintien serein. Ah bah merci Vincent, mais Hinschberger a quasiment le même bilan. Et toi ? Tu ne sais pas jouer de la guitare. Tactiquement qu’avons nous vu ? Sans instrument probant, c’est une véritable ode aux latéraux qu’a chanté notre Vincent, profitant de l’éclosion de 2 talents (Fabien « 111 » Centonze, Matthieu « Triple Axel Croisés » Udol – avec notre jardinier Thomas Delaine toquant aux 2 portes par intermittence dans une concurrence, qu’on oserait écrire, « saine ») ainsi que de la faiblesse générale en Ligue 1 sur les ailes avec ces petits très efficaces mais qui défendent tous moins bien qu’Opa Nguette à son arrivée en 2016 – oui, déjà. Notre désormais ex-coach a réellement joué ses atouts sur ces couloirs, avec son 4-3-3 hybride, à dédoubler et à faire pleuvoir des centres plus ou moins ratés sur notre filière sénégalaise sans technique mais plutôt grande et plutôt tout droit dans la lucarne. Cela donne une 15ème place méritée en tout point, bien aidée par un classique du maintien en Ligue 1 : de la densité physique dans l’axe. Rien de bien foufou :  l’Unecatef pourra vanter une parfaite analyse et application des forces en présence, et c’est impossible pour moi de la lui retirer… à moins que, nan attendez, ce serait Freddo qui lui ait soufflé tout ça par un recrutement habile et des grandes lignes posées sur tableau noir ? Hognon n’ayant que le privilège de gueuler « remontez » au bord du terrain ? L’Histoire nous donnera la réponse qu’en mai 2021.

Le romantique schizo : Free Hognon !

Rengaine préférée du twittos qui n’a peur de rien et encore moins de ses paradoxes, on peut dire au revoir à Vincent Hognon romantiquement, en étant de son côté, comme Maiakovski aux premières heures du bolchévisme, être triste de voir le soldat mourir avant l’avènement : « c’était pas le moment ». Mais, pourtant, ça ne ferait pas 2 putains d’années que c’est le moment oui ou merde ? Peu importe pour le supp messin, la question est purement rhétorique : « ils font ça pour nous faire avaler la pilule des transferts » – mais on a fait une bonne campagne de transferts oui ou merde ? Oui mais Hognon n’est qu’un fusible de la mauvaise gestion du « Politburo » sur le dossier Habib Diallo – c’est un peu gros mais plus c’est con, plus le romantique tombe dedans, regarde la filmographie d’un Hugh Grant. Dans un transfert de sentiment, ultra narcissique il faut le dire, on veut voir en Vincent Hognon le coach désabusé devenu notre porte-parole, celui qui s’est ouvert à sa direction de cette gestion, soi-disant, calamiteuse et le voilà puni comme un vulgaire nanti, à devoir faire son baluchon, le voilà au même rang que nous supporter : derrière la grille à dire de la merde sans relais ni influence. Ce romantisme, qui ne s’est pas vérifié par les faits – Vincent Hognon n’a proposé qu’un communiqué laconique attestant son refus de « rétrograder » en adjoint ; a l’avantage d’animer le réseau, et permet d’avoir toujours raison. Les Free Hognon, Merci Hognon d’aujourd’hui sont les Hognout d’il y a 5 minutes… La vérité c’est qu’on voulait lui couper la tête nous même putain Bernard, t’as pas le droit ! On voulait le pousser nous même dans la Vologne après une soirée noire comme on n’en a plus vécu depuis 10 ans… comme, par exemple, une défaite lors d’un derby sans audace (ah merde) ou l’élimination en Coupe contre un N2 pote avec nos ennemis (ah merde) ou une série de défaite à la dernière seconde (ah merde). Serin nous a enlevé le plaisir de te siffler et d’insulter ta daronne, coach… Nous lui pardonnerons donc jamais ! On est ensemble ! Free Hognon !

Le connard avec recul : appelez-moi l’Markhy là

La dernière façon de dire au revoir à Vincent, faire un article de blog un peu méta reprenant les dires des uns et des autres en se moquant un peu d’eux. Être un gros connard avec du recul apporte l’avantage de ne pas vraiment se mouiller tout en se faisant plaisir à regarder le village gaulois se foutre sur la gueule. Ni complot, ni trahison (c’est pas Netflix ici), ni bilan sportif (dont on ne peut que se satisfaire non), ni émotion (on a débranché le coeur à la 80ème pour ne plus souffrir), juste adios à toi notre Vincentos. Juste on constate et on se souvient. Tes confs de presse nous auront bien fait marrer, car tu savais naviguer entre le « pas notre championnat » Hischbergien, le « on apprend » Cartierien avec ta petite audace « Hognonesque » du « je suis satisfait » le soir d’une défaite. Tu n’oubliais pas d’affiner nos analyses tactiques d’un « j’ai vu du jeu, avec des milieux qui ont de l’envie ». Allez, on avoue qu’on va retenir que tu as plus apporté à l’histoire du FC Metz qu’à l’histoire de l’ASNL même si les mauvaises langues diront que c’est pareil pour Albert Cartier. Bâtards de nancéiens. Tu es le premier coach, depuis 2 siècles, à ne pas avoir barré Habib Diallo et à ne pas avoir barré le suivant (Ibrahima Niane donc ?) et encore moins le prochain (Yade ?), par contre tu n’as pas réussi à bien vendre te retrouvant dans une organisation où le manager général – devenu entraineur ; a pesé de tout son poids la sauvegarde des cadres tout en laissant un bon de sortie à l’attaquant le moins bien entouré depuis l’ère des agents véreux qui font des millions en pionçant. Fred Anto va reprendre ton banc. On avait bien dit à l’école que « donner c’est donner » et « reprendre c’est voler », tu files donc non pas comme un voleur mais comme un volé. Ces épisodes t’ont offert un bon CV de Ligue 2, de quoi reprendre Grenoble ou Clermont si tu adhères au projet. Et tu vas y adhérer, t’as pas le choix, faut bien bouffer. D’ici là n’oublie pas de nous fournir le nom des pépites que tu pourrais superviser à l’UNFP.

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