Le Mercato messin – Une histoire de Point de Vue – Édition 2020

Le Mercato messin – Une histoire de Point de Vue – Édition 2020


Deux ans après le lancement de ce concept voué à l’abandon, la GF se relance et par la même occasion ce concept renaît au meilleur des moments : la fin de la période de mutations estivale. Malgré un effectif suffisamment taillé pour affronter 19 cadors du football Uber Eats, le FC Metz nous a donné un peu de pain sur la planche et nous a incités à aller sonder une nouvelle fois les anciens supporters/suiveurs de nos nouvelles recrues. 

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Pour les non-initiés au concept : l’on demande à des anciens supporters ou observateurs de nos nouvelles recrues leur point de vue sur le joueur en question, et on ajoute notre avis d’incultes sur ce recrutement (NB : de manière générale, si on dit que le mec est pas bon, il sera excellent, et inversement).

Bien évidemment, on a fait l’impasse sur les joueurs prêtés l’année dernière et recrutés définitivement, vous les avez probablement déjà assez vus pour vous faire un avis. Enfin, la grande première de Lamine Gueye ne nous a pas permis d’obtenir l’avis éclairé d’un supporter / observateur palois. Hélas, ça ne court pas les rues.

En 2018, ça donnait ÇA.

Et en 2020, ça donne ça :

Marc-Aurèle Caillard

Marc-Aurèle Caillard est Grenat ! | Football Club de Metz - Infos FC Metz - Entraînements FC Metz - Vidéos FC Metz

fcmetz.com

Le point de vue des RoudBoys, fine équipe de supporters guingampais (oui, les pauvres) que vous pouvez retrouver en action sur Twitter mais aussi sur leur Site internet :

« Que dire sur Marc-Aurèle Caillard ? Il est arrivé chez nous un peu comme chez vous. On était en Ligue 1, il venait d’une équipe de milieu de tableau de Ligue 2. On ne savait pas trop ce qu’il valait, mais comme il venait en tant que numéro 2, c’était assez peu important. Et numéro 2, c’est ce qu’il est longtemps resté jusqu’à ce qu’il se retrouve propulsé titulaire pour plusieurs raisons : ses très bonnes performances en Coupe au milieu d’une saison cauchemar (2018/19), un changement d’entraîneur (bye bye Kombouaré) et un gardien titulaire totalement au fond du trou et incapable de faire le moindre arrêt, aidant même les adversaires à marquer et au bout du compte à se maintenir (de rien, Dijon.)

Maintenant, quand il s’est retrouvé à enchainer les matchs en Ligue 1, on s’est très vite rendu compte que ce n’était pas bien mieux qu’un Kallé Johnsson au bord de la dépression, mais c’était trop tard, le changement était fait, l’ancien numéro 1 avait perdu la confiance du coach Gourvennec et ne la retrouverait pas. Donc on est descendus avec. On se disait logiquement que s’il était limité en Ligue 1, il serait bien meilleur en Ligue 2, de par son expérience. Grossière erreur. Il y a enchaîné les performances médiocres au mieux et a enchaîné les boulettes, nous comptant de nombreux points. Donc, en somme, si c’est un très très bon gardien de Coupe, assez exceptionnel sur les séances de pénaltys, et sur la performance occasionnel, il perd toute magnificence dès qu’il s’agit d’enchaîner deux, trois, quatre matchs. Bon numéro 2, mauvais numéro 1. »

L’avis de la GF :

« Un recrutement qui a fait débat et a soulevé la question : avait-on besoin d’un nouveau deuxième gardien, surtout s’il est apparemment aussi peu rassurant que l’ami Paul Delecroix ? Le marché des deuxièmes gardiens est probablement l’un des plus compliqués : un rôle où l’on demande de la fiabilité sur le moyen terme en cas de blessure du titulaire, une certaine expérience pour potentiellement encadrer les plus jeunes et un état d’esprit exemplaire pour assumer une place de remplaçant sans s’en plaindre… Trouver un remplaçant idéal relève de la mission impossible et Caillard pourrait très bien faire l’affaire en Coupe (il a notamment brillé en Coupe de la Ligue en 2019 en étant décisif à 3 séances différentes). »

Vagner Dias

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lasemaine.fr

Le point de vue de Marcel Picon, éminent représentant de notre désormais club satellite l’ASNL pour le site Horsjeu.net :

« Inutile de dire qu’on s’est tous senti comme un but de Métanire à la 92e minute quand on a appris qu’il allait signer à Metz. Une chose qu’il avait affirmé qu’il ne ferait jamais, puis une fois la signature posée de sa main au bas du contrat avec la croix de Lorraine en en-tête, il a rejeté la faute sur son agent. Un peu facile.

Facile, il l’était aussi sur le terrain pendant le temps qu’il a passé chez nous. Hors blessure ceci dit, car il a tout de même passé les 6 derniers mois à l’infirmerie avec une vilaine fracture de la cheville. En revanche tout le temps qu’il était apte, c’était un peu football champagne à Nancy, on hésitait à lui péter les genoux sur un parking de nuit à coup de barre de fer tellement on n’est pas habitué. Imaginer un type capable de faire des contrôles en pleine course, de cadrer des frappes depuis l’extérieur de la surface, de marquer des penalties victorieux dans le money-time, tout ça c’est pas réellement explicable pour certains esprits étriqués du bas-pays, voyez-vous.

La question se pose tout de même de savoir s’il s’adaptera convenablement à la Ligain. De même que sa signature rapide sans même repasser par Sainté et le délai avant de retrouver les terrains laissent supposer que sa blessure est bien plus grave que ce qu’on pensait au départ.

Toujours est-il que sa combativité de chien fou et son coffre assez impressionnant pourraient faire du bien à une équipe qui vient de vendre son meilleur attaquant à un rival, pardonnez-moi je bois une gorgée de thé. Sous peine de l’inclure dans un système à sa mesure, il pourrait donner d’excellentes choses.« 

L’avis de la GF :

« Au delà d’être la recrue « frisson » du mercato, Vagner vient apporter un profil qui manquait cruellement à l’attaque messine : un offensif relativement complet, rapide, vif, qui ne rechigne pas a défendre et fait preuve d’une grande détermination sur le terrain, très à l’aise dans le un contre un et capable de terminer les actions (18 buts en 37 matchs sous le maillot nancéien, en jouant ailier). Il a à lui seul métamorphosé l’ASNL et a fait vivre un calvaire à de nombreuses défenses de Ligue 2. Un joueur qui, du fait de ses caractéristiques individuelles, serait potentiellement à l’aise dans de nombreuses configurations (sur une aile ou en soutien d’un attaquant ; dans un match où Metz jouera les contres, ou face à un bloc bas compact).

Au vu du marché actuel, un investissement de 3 millions d’euros pour un joueur de la sorte semble être une excellente affaire. Mais pourra-t-il montrer les mêmes qualités au niveau supérieur ? Sa grave blessure, assortie d’une longue période de convalescence et de séances individuelles pour remettre en place sa cheville sèment le doute, alors que le club a préféré ne pas précipiter son retour pour lui permettre un retour sur les terrains optimal. La GF aimerait être confiante, mais vu la poisse que traîne le club depuis quelques semaines, nous préférons ne rien dire… »

Kiki Kouyaté

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img.bfmtv.com

Le point de vue de Le Troyensupporter de l’ESTAC :

« Boubakar Kouyaté, dit Kiki c’est une trouvaille de notre désormais ex-directeur sportif, Luis De Sousa qui l’a fait venir de l’équipe B du Sporting Portugal suite à un match amical. La saison dernière, c’était notre meilleur buteur. Ce n’est pas une blague. Mettez-le dans la surface adverse sur corner et vous pourrez apprécier son jeu de tête de haut niveau. Encore faut-il qu’il entre en jeu, car pour le moment… Solide physiquement, solide dans les airs, dans les duels. Vous tenez un bon défenseur central. Encore jeune (il n’a que 23 ans), je pense qu’il a encore une jolie marge de progression. Son rêve est d’aller jouer en Angleterre un jour, je pense qu’il pourra le réaliser.« 

L’avis de la GF :

« Il était à priori nécessaire de recruter un défenseur central capable de devenir un concurrent sérieux à une place dans le 11. Avec Boye et Bronn, Metz tenait déjà une paire efficace, mais manquait d’alternatives crédibles pour jouer à 3 derrière et pour remplacer Boye, qui, à 34 ans, sera en fin de contrat l’année prochaine. La tendance messine, particulièrement à l’extérieur, à défendre relativement bas et ainsi à devoir intervenir régulièrement dans sa surface, mêlée au besoin de tirer au maximum profit des coup de pied arrêtés offensifs pour se créer plus d’occasions, rend le recrutement d’un défenseur de grande taille et doué de la tête particulièrement intéressant.

Cela dit, il faut se montrer prudent : si Kouyaté était un joueur convoité durant le mercato, il n’en reste pas moins qu’avec une seule saison complète (effectuée en Ligue 2) depuis son arrivée en Europe, il offre également son lot d’incertitudes. Il faudra saisir sa chance, si tant est que Boye et Bronn décident de lui laisser grappiller quelques miettes de temps de jeu. »

Warren Tchimbembe

Mercato : Warren Tchimbembé va découvrir la Ligue 1

onzemondial.com

Encore une recrue troyenne, double dose de plaisir pour l’ami Le Troyen :

« Warren c’est un enfant du club, il y a fait toute sa formation. J’ai eu un pincement au cœur quand on a appris son départ et surtout le fait que le club ne lui ai pas proposé de prolongation de contrat à un an de la fin. Il n’aura pas joué énormément de matchs en équipe pro au final, 5 il y a deux ans, 14 la saison dernière. Saison durant laquelle il commençait à s’affirmer avant de n’être stoppé par le confinement. Le point d’orgue de cette saison pour lui aura été sans conteste son doublé face à l’AJA en février dernier. C’est un milieu plutôt polyvalent, il peut jouer sur un côté comme en 8. Doté d’un excellent état d’esprit. Je ne sais pas, en revanche, s’il a les qualités pour parvenir à s’imposer dans une équipe de L1 pour le moment. »

L’avis de la GF :

« Le recrutement d’un nouveau milieu de terrain semblait assez inévitable, avec la blessure de N’doram et le départ de Cohade, et l’arrivée de Tchimbembe s’inscrit bien dans la logique de développement de jeunes joueurs issus de Ligue 2. Il est difficile pour autant de faire des pronostics sur ce dernier : avec même pas 20 matchs de Ligue 2 en carrière, et une concurrence assez rude à son poste, parviendra-t-il à se frayer un chemin et devenir un vrai joueur de rotation ? Relativement timide lors de sa première titularisation hier à Angers, il va devoir tirer son épingle du jeu et se montrer plus incisif lors de ses prochaines apparitions pour se faire une place dans l’esprit de Frédéric Antonetti. »

En bonus : focus sur Pape Matar Sarr

Pape Matar Sarr, International Sénégalais : La nouvelle pépite du foot sénégalais - Gaindés Football

wiwsport.com

Comment ne pas finir sur la curiosité de l’effectif messin cette saison ? Arrivé de Génération Foot ces dernières semaines à tout juste 18 ans, le jeune sénégalais a déjà une bien belle réputation…

Le point de vue de BNFaye, journaliste et rédacteur en chef de Emedia.sn, qui suit de très près Génération Foot :

« Pape Matar Sarr est à l’instar des Sadio Mané, Ismaila Sarr et autres Krépin Diatta l’une des pépites qui sortent régulièrement des centres de formation réputés au Sénégal. Comme ses ainés, le jeune nouveau joueur de Génération Foot est véritablement le porte-étendard de sa génération, l’un des plus grands espoirs du football sénégalais des années à venir. Tout juste âgé de 18 ans, il est issu d’une grande famille de footballeurs où l’on dénombre plusieurs talents qui ont arboré le maillot national ou, au moins, brillé sur le plan local.

C’est à Thiès, une ville à 70 kilomètres de la capitale du Sénégal, Dakar, que réside la famille Sarr. La légende raconte qu’il y eut une époque où jusqu’à sept joueurs de l’équipe de son quartier venait de la même famille, de la même maison. Une famille qui n’a vécu que pour le football ! Aujourd’hui, Sidy Sarr, actuel milieu de terrain de Nîmes en est le plus connu, mais son jeune cousin Pape Matar Sarr en est certainement le plus brillant, attendu pour éclore très rapidement. Mais, avant eux, il y a eut leurs oncles Badara Sarr, entraîneur de plusieurs clubs du championnat national mais également de sélections nationales de petites catégories, Sidath Sarr, ancien entraîneur des gardiens de l’équipe nationale A, actuel coach de l’US Gorée et de l’équipe nationale féminine du Sénégal, Ibnou Sarr, ancien joueur réputé du championnat national ou encore Mamadou Lamine Sarr, père de Sidy Sarr, et ancienne vedette de l’équipe du quartier, entre autres.

Chez les Sarr, malgré la fierté, l’on n’est pas forcément impressionné par les porte-drapeaux actuels mais on attend avec beaucoup d’espoir l’éclosion de Pape Matar Sarr, qui s’est fait découvrir sur les terres du pays du foot par excellence, le Brésil, à l’occasion de la Coupe du monde des moins de 17 ans. Milieu de terrain offensif, doté d’une bonne vista et très à l’aise avec le ballon, Pape Matar Sarr est également un excellent tireur de balles arrêtées. Lors du Mondial U 17 au Brésil, il s’est fait remarquer par des buts de très grandes classes, grâce à sa puissance de frappe du pied droit.

Transféré au FC Metz dès qu’il a atteint la majorité, il devrait, à l’instar de ses devanciers comme Sadio Mané, Diafra Sakho, Ismaila Sarr, Habib Diallo ou encore Ibrahima Niane, rapidement séduire le public du stade Saint-Symphorien, et à la différence de ces derniers, qui étaient plutôt attaquants, portés vers le but, lui, aura l’avantage de briller au cœur du jeu, d’être un véritable maestro et continuer sa brillante progression en sélection, où une place certaine l’attend aux côtés des Krépin Diatta et autres Ismaila Sarr pour accompagner les dernières foulées de Sadio Mané et compagnie et prendre leur relais. C’est sa destinée. »

L’avis de la GF :

« Présent dans le groupe à Angers hier, Pape Matar Sarr est la dernière pépite en provenance de Génération Foot. A tout juste 18 ans et après seulement quelques semaines d’entraînement avec les pros, et même si elle est en grande partie due aux nombreux absents, sa présence à Raymond Kopa est une grande marque de confiance de la part de Frédéric Antonetti.

On comprend mieux pourquoi le Barça a semblé intéressé par le joueur ces derniers mois en ayant suivi ses performances lors de la Coupe du Monde u17 au Brésil l’année dernière. Véritable fer de lance de son équipe, il a apporté à une prometteuse formation sénégalaise toutes ses qualités : une très bonne prise de balle (toujours en mouvement), une vision du jeu intéressante, et une capacité à prendre de bonnes décisions au coeur du jeu. Peu de joueurs de Génération Foot sont arrivés à Metz avec son bagage technique. Sa capacité à se projeter et à être décisif grasse à sa belle frappe de balle en font un milieu très complet qui sera probablement l’attraction de l’équipe dans les mois et les années à venir. »


Merci à tous les contributeurs de cet article pour leur disponibilité.

Rendez vous dans les semaines à venir pour les insulter si ils se sont trompés.

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