Compte-rendu d’un Metz conquérant face à des Verts pâles

Compte-rendu d’un Metz conquérant face à des Verts pâles


Par réflexe, d’aucuns diront « belle victoire » afin de résumer cette victoire messine. Une victoire obtenue sous une pluie battante dominicale qui a tenu toutes ses promesses. Une fois de plus, la place forte Messine a su clore au pilori les Stéphanois du Forez. Néanmoins, il serait exagéré d’apposer l’adjectif de « beauté » pour décrire les trois points pris contre des Verts pâles. En ma qualité propre de « pisse-froid » je soutiens l’idée d’une victoire cohérente, plutôt que d’évoquer une belle victoire. L’idée même d’une belle victoire semble illusoire et empreinte des pires mensonges quant à une éventuelle qualification européenne. De toute façon, la cohérence sied bien mieux à ce FC Metz que la beauté. Au Diable ! défenseurs de football total ou de n°10 Sud-Américains au talent proportionnel à leur fragilité physique, psychologique. Ce FC est une machine froide qu’aucun grain de sable ne saurait perturber tant elle est programmée pour abattre son adversaire dans les cœurs et par le cœur du jeu.

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En premier lieu et bien que déficitaire techniquement par rapport à d’autres équipes de Ligue 1, cette équipe compense par un plan de jeu des plus précis. Ici, il n’est pas question de circuits de passes étudiés et répétés jusqu’à en atteindre une certaine perfection. Comme l’a dit Antonetti, cette équipe fait preuve d’un grand état d’esprit collectif, qui lui permet de s’adapter continuellement à l’adversaire et à la physionomie du match. Alexandre Oukidja a passé une après-midi paisible et a tranquillement imaginé sa politique éditoriale sur Twitch. Devant lui se dresse, la « ligne de quatre » messine qui reste globalement assez basse sur le terrain. Cette position volontairement basse permet de couper les tentatives d’utiliser la profondeur pour les Stéphanois. La combativité et la solidarité des quatre défenseurs n’y est pas étrangère et il faut remonter bien loin pour se remémorer une défense messine aussi solide que sereine en L1. A ce rythme, il ne fait nul doute qu’à minima, Fabien Centonze et surtout Dylan Bronn iront à l’été 2021 vers d’autres cieux… tant leurs talent sautent aux yeux. D’aucuns diront que le second apaise et rassure par sa capacité d’anticipation, son flair dans les duels, et enfin le soin qu’il apporte à ne jamais commettre LA faute. Autant de qualités qui s’ajoutent à merveille à la combativité parfois peu académique de son confrère et capitaine, John Boye.

@RépublicainLorrain

Un cran au dessus, notre rideau de fer est diablement efficient avec un Vincent Pajot qui se sublime par sa hargne, sa volonté et son abnégation à effectuer le travail de l’ombre, le travail ingrat. De plus, son esprit revanchard face à ses deux anciens clubs ont clairement permis d’en faire notre meilleur joueur depuis deux rencontres. Il a saboté toutes les tentatives d’incursions stéphanoises. Il a été impossible de couper les lignes puisque la vigie  » La Pajax » veille, il est notre phare et distille de précieux conseils quant à nos placements, et donne de la voix à tous et pour tous. En ce sens, ce rideau de fer est complété par la paire MaigaAngban qui rend cette DMZ infranchissable en qualité de premier rideau. Bien sûr, à titre individuel, tout n’a pas été parfait. Bonne surprise de ce début de saison, finalement on regrette qu’Angban ait encore constamment des trous d’air dans chaque match avec une à deux erreurs importantes. En effet, le milieu ivoirien s’est éteint progressivement, finissant même totalement invisible dans l’entre-jeu en seconde période.

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@RépublicainLorrain

En second lieu notre animation offensive, d’abord évoquons ensemble le cas de Lamine Gueye, la belle surprise découverte à Angers une semaine plutôt. Il a logiquement vécu une heure plus compliquée cette fois-ci. Tout ne lui est pas totalement imputable, loin de là. Il doit encore prendre ses marques, s’habituer au rythme de la Ligue 1. Le kick & rush adopté pendant plus d’une grosse demi-heure ne correspond à son profil. Le problème étant plutôt que même proche de son registre, le jeune sénégalais n’a pas été un grand danger pour une arrière-garde stéphanoise pourtant friable et lente. Pour autant, on s’émerveille face à sa grosse combativité sur le porteur du ballon et ses nombreux efforts défensifs. Dans la même veine, Farid Boulaya remplit son rôle de métronome, lui le dépositaire de l’animation offensive, le leader technique de cette équipe est capable de fulgurances à l’instar de son coup-franc qui débloque notre compteur lors de la cinquième minute et permet d’aborder sereinement ce match.

Le numéro 10 messin sait aussi défendre, participe à l’effort collectif et gratte des ballons avant de repartir « dai-dai » au charbon. Ainsi, les efforts répétés de nos deux ailiers ont permis ladite cohérence et cohésion d’équipe voulue et illustrée par Frederic Antonetti en conférence de presse.

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@FCMetz.com

Enfin, à la pointe de notre attaque depuis une semaine, on a vu un N’Guette à l’aise dans ce rôle si ingrat de pivot. S’il n’a pas les qualités pour exister dans le jeu aérien, qui plus est contre les charnières souvent très athlétiques de L1 , il s’est montré intelligent et efficace dans son rôle de pivot au sol. N’Guette se montre plus que cohérent et livre une très bonne partition dans ce rôle de numéro 9. On le sent plus à l’aise dans ce nouveau rôle que sur une aile. Il s’est en effet montré particulièrement habile quand il s’agissait de se retourner et d’enchaîner, ne s’est globalement jamais trompé dans ses choix de courses ou de passes, provoque à lui seul le coup-franc qui débouche sur l’ouverture du score. Toutefois, un but aurait récompensé ses efforts multiples et sa cohérence. Par ailleurs, prudence étant mères de toutes les sûretés, il faut attendre les effets à moyen / long termes quant à sa capacité de réadaptation à un poste qu’il n’a finalement plus occupé depuis les équipes de jeunes à Valenciennes.

Enfin seul bémol du match. De par les trop nombreux ballons rendus rapidement par l’abus du « Je balance devant et sauve qui peut, ça soulage » monte ses limites. Ledit kick & rush âpre souffre même du terme regrettable car l’on situe peu d’opportunités qui ont découlé de ce jeu direct, principalement parce qu’aucun des deux Sénégalais en présence n’a cette qualité à gagner ses premiers duels. Il en va de même pour Farid Boulaya ; d’autant plus s’ils sont aériens. Regrettable également car cette équipe messine a été globalement dangereuse dès qu’elle parvenait à combiner au sol face à une équipe stéphanoise trop tendre, fébrile et très peu agressive dans le secteur défensif, il est dommage d’être retombé dans nos travers, d’avoir pratiqué en fin de première mi-temps une « partie de flipper » avec des errements hâtifs et brouillons. Heureusement, les stéphanois n’ont jamais su en profiter afin de mettre à mal le score de 1-0 car nous sommes solides, voilà notre maître-mot d’hier. De plus, cette fin de première mi-temps doit se conclure par un score de 2-0. Les belles occasions doivent être concrétisées. C’est en sus, un aspect sur lequel nous devons progresser (cf Bronn ou frappe d’Opa près du poteau)

@RépublicainLorrain

Finalement, la dernière demi-heure messine a été plus consistante balle au pied. Ce qui n’est clairement pas étranger à la rentrée en jeu – enfin – de Vagner Dias. Le Cap-Verdien s’est montré rapidement en jambes, aussi bien dans la profondeur que dans les transitions où sa qualité de conservation et sa faculté à jouer rapidement ont été fort utile, la plupart des situations chaudes passant à un moment donné par lui, notamment dans le dernier quart d’heure. On note aussi que lui et Boulaya se sont beaucoup cherchés, augurant de bien belles dispositions dans les semaines à venir. Nul doute que Vagner devrait rapidement prendre place dans le XI de Fred Antonetti.

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Alors, bien entendu, Saint-Etienne est venu avec une équipe assez décimée. Moukoudi a du manquer à Retsos. Néanmoins, des cadres stéphanois absents sont aussi pointés du doigt depuis de longs mois par des supporters pour leur niveau bien en-deçà de ce qu’ils étaient censés apporter, Trauco pour ne citer que lui. L’attaque stéphanoise était-elle bien l’habituelle et pour autant, elle a été plutôt inoffensive, le n°10 stéphanois Aouchiche en étant par exemple réduit à redescendre au niveau de ces défenseurs centraux pour toucher le ballon et orienter le jeu. En définitive, il n’est pas question de dénaturer notre victoire face aux nombreux absents stéphanois car nous comptons aussi deux absences importants avec les blessures d’Ibrahima Niane et de Kévin N’Doram. En conséquence de quoi, Metz a capitalisé sur les points faibles de cette équipe stéphanoise, en les agressant dans les duels, un domaine où Saint-Etienne est déficitaire depuis quelques années. Une statistique vient mettre en exergue ce plan de jeu : 0.

Comme le nombre de tir cadré des Stéphanois qui, s’ils auront globalement eu le ballon, ne se seront montrés que trop peu dangereux. Cette victoire est source d’espoirs puisque l’équipe est soudée, cohérente et transpire la sérénité, ce qui n’est pas quand même pas gagné quand on se nomme le FC Metz. Cette équipe semble aussi gagner en maturité, gère mieux ses matchs, ne tremble plus sur ses temps faibles. Bien entendu, nous passerons d’autres moments difficiles mais en attendant, le début de saison est bon, d’autant plus quand on observe le calendrier. Cette équipe a embêté des équipes supérieures à son niveau et prend des points contre les équipes à sa portée. De quoi rêver ? D’Europe, probablement pas – encore -, mais de maintien paisible.. Et bien, pourquoi pas ?

De nos envoyés spéciaux au Stade Saint-Symphorien : Rostou-six et Cappie

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