Il était une fois le Royal Football Club de Seraing

Il était une fois le Royal Football Club de Seraing


Illustre ville sidérurgique de la région Liégeoise et dont le nom est intimement lié à la famille de l’industriel Cockerill. C’est ainsi qu’est présentée la ville de Seraing située à quelques encablures de la ville phare voisine, Liège. De l’autre côté de la Meuse, chez nous, l’on se représente cette entité footballistique d’un tout autre point de vue. En l’espèce, nous la voyons comme la forme d’un vulgaire club satellite, de seconde zone. Un club qui sied parfaitement à la transposition métaphorique de notre spoutnik belge. Dès lors, Seraing demeure bien plus que cette vision stéréotypée de la réalité et ce dernier bénéficie d’une réelle culture footballistique en son nom propre ; l’influence messine offerte par le présent, et la présence majoritaire au capital par le FC Metz Groupe rend compte d’une suite logique de l’appropriation du football par le capital dans une vision marxiste des choses. D’un point de vue libéral, à l’instar du feu leader John Cockerill qui racheta le château des princes évêques de Seraing, Bernard Serin, lui, s’offre le renouveau d’un club de football, en lien avec celui qu’il possède déjà. D’une pierre deux coups pour cet evergète. En 2014, cette naissance sous le nom Seraing United rend compte d’une volonté d’alimenter en joueurs le vaisseau mère : le FC Metz. Nonobstant, sa force de frappe ne s’arrête pas là, puisqu’il compte se servir de l’Académie de Dakar couplé à celle de Seraing afin d’offrir un terreau fertile comme le fut le charbon, autrefois. En définitive, nous allons nous attarder sur la connaissance approfondie d’un club, d’une entité et d’un début de saison tonitruant qui rend compte d’une possible évolution vers les hautes sphères de la Jupiler League de nos Métallos.

L’histoire d’un monument du football wallon

Alors en pleine révolution industrielle, l’industriel anglais William Cockerill puis son fils John, réussissent à se dissocier de leur illustre voisine. Cette période faste permet à l’entreprise familiale de monter en grade à l’instar de l’économie belge. Replaçons les choses dans le contexte puisqu’à cette période, la nouvelle répartition imposée par le Congrès de Vienne fait naître la Belgique en tant qu’état. La façon novatrice d’exister réside dans l’économie puisque la Belgique adopte une politique ultra libérale, lui permettant son indépendance économique et donc d’être la seconde puissance économique mondiale. Par conséquent, la société John Cockerill réussit à être vue comme l’usine la plus importante du monde. Dans le même temps, la Belgique est le berceau de la première multinationale Vieille-Montagne. Toutefois, Seraing ne peut se suffire à son illustre passé industriel et n’offre alors qu’un lien fortuit avec ce qui suit. Il convient de s’attarder sur les balbutiements d’un des plus vieux clubs de Wallonie, replongeons-nous donc au début des années 1900 à 1904 qui voit apparaître le R. FC Sérésien. Ledit club royal est fondé au sein des quartiers des Biens Communaux de Seraing. Ainsi, cette époque est marquée par un intérêt croissant pour le football puisqu’il connaît son essor exponentiel au sein de l’Europe entière. Ce faisant, le football est rapidement capté entre les mains des industriels qui y voient une occasion de fédérer leurs ouvriers et cela n’échappe pas à la société Cockerill puisque celle-ci alloue un terrain, un stade rue de la Boverie. Ce déménagement est rendu possible en 1906 et son affiliation  à l’union Belge suit au cours de la même année.

L’instauration des matricules est une spécificité belge que voici explicitée. Lors de la création d’un club, celui-ci devient membre de l’URBSFA (Union Belge Royale des Sociétés de Football-Association). Il obtient un numéro qui est son numéro matricule et chaque document émis à l’Union belge se doit de contenir ledit matricule. Enfin, ce numéro demeure la propriété de la fédération et est incessible. Ainsi, l’Antwerp porte le matricule 1 et fut fondée en 1880, quand le Standard de Liège, ou le RSC Anderlecht ont respectivement le numéro 16 et 35. La légitimité historique des Métallos est toute trouvée puisqu’il détient le matricule 17. Une légitimité qui se retrouve avec l’apposition du titre Royal en 1994. En effet, le club l’obtient après 100 ans d’existence. Un matricule en poche et les premières saison débutent, il s’en suit une première accession à la division 1B en 1931 car avant de tutoyer l’élite du football belge, le club a oscillé 30 ans durant entre le second et le troisième échelon national. Le club parvient à obtenir sa première montée à Division 1 en 1981. En outre, le club connaît une ascension fulgurante avant d’accéder aux joutes âpres de la D1 belge puisque le club réussit deux montées successives ; le club passe de la Promotion A en 1979, à la Division 1 en 1982. Mieux, le club réussit l’exploit d’être titré trois années durant.  La consécration de ce parcours est celui de conclure chaque exercice comme champion, et ces trois années de suite. Des saisons de succès dont une grandiose série de 53 matchs sans défaites, mieux que les Invicibles d’Arsenal en 2003, à la différence que l’Arsène Wenger local se nomme Yves Baré. L’équipe en place réunit une bande de potes. De là, commence les premières relations entre le FC et Seraing. Pendant deux saisons, de 1982 à 1984, Jules Bocandé éblouit de tout son talent, sous les couleurs rouges et noirs. Son talent scintille jusqu’au firmament et jusqu’aux oreilles de Carlo Molinari qui décide de le recruter. Hélas, la belle aventure est stoppée nette pour le RFC Seraing, à l’issue de ces cinq saisons parmi l’élite du football belge ; une double descente se conjugue presque de facto avec une situation de quasi-faillite en 1984. Le miracle se produit avec l’arrivée en grandes pompes d’un mécène bruxellois Gérald Blaton qui souhaite remette le club à flot. Chose faite puisqu’ils accèdent la Division 3 en 1990. Une année s’écoule et le RFC Seraing décroche le titre de D2 lors d’un match final contre Tirlemont à Genk, dont voici le résumé.

La saison 1991-1992 est un échec puisqu’aux portes de la montée, le club termine 3ème. De fait, Gerald Blaton décide de renforcer l’équipe et au regard de la saison écoulée, le mécène décide de frapper un grand coup sur le marché des transferts, puisqu’il parvient à faire signer Lars Olsen. Il ne s’agit ni plus ni moins que le capitaine du Danemark, tout juste auréolé du titre de champion d’Europe 1992, en Suède. Quelques semaines après son sacre, le libéro danois s’engage en terre Serésienne, alors en seconde division belge.

 

     

Sous la houlette de Georges Heylens, l’équipe termine champion et monte en division 1. Ainsi, le fringant libéro danois est accompagné de la triade brésilienne déjà en place : Edmilson, Isaias Wamberto. La saison 1993-1994  est une énorme surprise, car à la faveur de sa première saison au sein de l’élite, le Shaktior belge propose un football champagne et décroche la 3ème place de Division 1 Belge. Cette place est synonyme de qualification pour la Coupe UEFA.  Les dribbles d’Edmilson causent des ravages, inscrivant notamment 15 buts durant cette saison. En 1994-1995, Seraing dispute donc la Coupe UEFA, avec des joueurs à la carrière bien fournie comme ceux cités ci-avant et ou encore Roger Lukaku, père de  Jordan et Romelu Lukaku. Ils rappellent la belle histoire, dix ans plus tôt emmenés par Nico Claesen ou Juan Carlos Oblitas  L’issue s’avère nuancée puisque ces transferts ne peuvent empêcher l’élimination au premier tout de la compétition par le Dinamo Moscou.

Patatras c’est le drame ! la saison 1995/96, est un naufrage. l’équipe échappe de peu à la relégation, et s’envole avec elle les espoirs de pérenniser le club en Divsion 1. L’argentier et mécène Blaton décide de retirer ses billes du club, certains joueurs s’en vont. On le dit lassé par le trou béant que représente le football ; il orchestre la fusion de son matricule, le matricule 17  avec le voisin liégeois du Standard de Liège. Nous l’avons dit en préambule l’importance des matricules et nous retrouvons donc la fusion du matricule 17 avec le matricule 16. La fusion est adoptée en 1996 et résulte plus d’une absorption de Seraing par le Standard plutôt qu’une réelle fusion. Le R. FC Seraing disparaît des radars et de la dénomination officielle du club phare Wallon. Par conséquent, la terre Serésienne est pillée de ses meilleurs jeunes ainsi que de ces esthètes comme Wamberto ou Edmílson, qui passent chez les Rouches. L’année 2006 signe le renouveau puisque le matricule 23 de la Royale Union Liégeoise s’installe à Seraing. En effet, le club dirigé par Michel Faway déménage au Pairay sous l’égide d’anciennes gloires locales à l’instar de Peter Kerremans ou Marc Grosjean   –  l’actuel entraineur adjoint –  le club revit et adopte le nom de RFC Seraing-RUL qui perdure jusqu’en 2014.

Retour d’un club de football professionel et rachat par le FC Metz Groupe

C’est alors qu’en 2014 et sous l’impulsion du directeur sportif messin Dominique D’Onofrio et de Mario Franchi un club professionnel à Seraing renaît. Par conséquent, il faut acheter une licence club, puisque le matricule 17 aurait disparu, il serait resté coincé, caché au fond d’un tiroir du Standard de Liège. Il n’en demeure pas moins qu’il faut obtenir le précieux matricule rendu obligatoire afin d’être un club de football professionnel en Belgique. Par ce biais, Dominique D’Onofrio agit dans l’intérêt du FC Metz Groupe.

Illustration picture shows the stadium of Pairay of the Rfc Seraing before a soccer game between RFC Seraing (1Am) and KV Kortrijk, Wednesday 25 September 2019 in Seraing, in the 1/16th final of the ‘Croky Cup’ Belgian cup. BELGA PHOTO JOHN THYS

Ainsi, à une centaine de kilomètres l’on voit que le club du Royal Boussou Dour connaît des soucis financiers. Effectivement le R. Boussou Dour connaît des soucis importants et le club cherche un repreneur, l’ex-président Jean Zarzecki tente de reprendre le club mais le choix se porte sur le projet mené par le FC Metz Groupe emmené par Dominique D’Onofrio et par Bernard Serin. Il est à noter que les deux hommes connaissent une grande réputation dans la région l’un pour le sportif et son passif au Standard et le second pour son rôle d’industriel. De fait, le R. Boussou Dour connaît un déficit de 300.000€ et ce rapprochement des matricules est orchestré. IL conduit au rapatriement du matricule 167 à Seraing. Cette histoire n’est pas sans rappeler celle Anglaise concernant le MK Dons de l’ancien club de Wimbledon.
La nouvelle entité créée par le FC Metz se nomme le Seraing United, le nom du club fut choisi car l’appellation du RFC Seraing ne pouvait être récupérée avant la date d’un an après la déposition d’une demande en bonne et due forme. En ce sens, le club satellite du FC Metz termine sa première saison à une honorable 4e place en Division 2 Belge. Le club reprend ses lettres de noblesse par le retour de son nom historique : Royal Football Club Seraing en 2015-2016. En ce sens, l’appellation Royal est très importante pour les supporters puisque seuls les clubs centenaires peuvent se targuer de l’appellation Royale et de par la refonte des championnats orchestrés par la fédération Belge, le RFC Seraing est rétrogradé en Division 1 Amateur.

En effet, la fédération belge décide de faire passer la Jupiler League de 18 à 16 clubs et de réduire la Proximus League de 14 à 8 clubs. En ce sens, le RFC Seraing se doit d’obtenir une place parmi les huit équipes alors en lice. Malheureusement cela n’est pas possible, l’explication tient selon des supporters Serésien par la non-prolongation des joueurs cadres, qui quittent le club. En outre, l’arrivée d’une armada de joueurs estampillés FC Metz fait craindre le pire. « On nous a dit que les messins étaient au-dessus de ceux qui étaient en place, mais à l’arrivée Anthony MFa, Kwame NSor ou encore Thibault Vion ont plus que déçu, ici. Cette saison est un vrai naufrage » nous confie un supporter de Seraing, Do.

Dès lors que le club échoue à être dans les huit premiers, la sanction est immédiate : une onzième place et la relégation. La nouvelle saison qui se profile ne rassure personne quant aux renforts afin de remonter immédiatement. Pis, Les supporters commencent à émettre des doutes sur les ambitions messines « Nous perdons Thomas Didilion et Samy Kehli qui ont réalisé une superbe saison, les joueurs cités avant n’avaient aucune envie d’être ici et enfin mention spéciale à Thibault Vion qui connaît un réel passage à vide. J’ai une anecdote en tête là, que l’on ressort souvent entre nous, il est désigné titulaire pour jouer le week-end, à l’issue de l’entraînement le coach rentre chez lui et le croise à la sortie d’une pizzéria la vieille du match. Il s’empresse d’aller à sa rencontre et lui signifie qu’il ne jouera plus. De là, des comptes bizarres sont apparus sur les réseaux sociaux, l’on sent un truc bizarre, un compte récent qui commente et annote chaque décision du coach. D’autres comptes ont suivi et certains se prétendaient être son père, son meilleur ami et réclamait des tifos pour qu’il joue, du grand n’importe quoi. Le joueur n’avait plus l’hygiène de vie nécessaire afin d’être un joueur de football professionnel. » résume finalement Do.

La saison 2016-2017 marque la troisième saison depuis le rachat, une saison qui voit à sa tête José Jeunechamps ex-entraineur adjoint de José Riga. Le nouveau T1 du club est en place mais ne reste pas longtemps. 11 matchs, 3 victoires et seulement 2 points d’avance sur la lanterne rouge d’alors : Sprimont qui viennent de gagner au Pairay font que José prenne l’initiative de quitter le club. Le communiqué du club précise qu’il s’agit d’une erreur collective et non uniquement imputable à JJ selon les termes du président Franchi. Il est remplacé par Christophe Grégoire qui reste en place de 2016 à 2019. Le nouveau T1 parvient à redresser la barre et le club échoue à la 7ème place en Division 1 Amateur.

@DH.be Romain Inez signe à Seraing et devait être le leader de l’équipe dirigée par José Jeunechamps

Par conséquent, la condition sportive est rendue compliquée au cours de la saison 2016-2017, car en plus de résultats décevants en début d’exercice, le club se retrouve contraint d’affronter les affres des condamnations sportives et judiciaires eu égard de la pratique du T.P.O. par le club des rouges et blancs. Le Third Person Ownership est une pratique visant à céder les droits économiques d’un joueur au profit d’une tierce société, en l’espèce ici : Doyen Sports. Cette pratique est pourtant interdite par la FIFA, rendant caduc certains transferts. Un jugement  lourd est rendu en première instance, à l’instar de ce qu’a connu Chelsea ; jugement qui sera confirmé après le rejet de l’appel interjeté par la Commission de Recours de la FIFA. Alors que la sanction tombe, il suit deux saisons galères ou certains joueurs sont dans l’obligation de dépanner à d’autres postes. Toutefois, le  le coach Grégoire obtient successivement une 5ème place et 6ème place en Division 1 amateur avec une équipe amoindrie. Au  début de la saison 2019-2020, l’ambition affichée par le club est celle de la montée. Malheureusement, cette saison débute mal pour les Métallos avec un mois de novembre épouvantable qui provoque la démission de Christophe Grégoire.

Ce dernier est remercié et voit l’arrivée d’Emilio Ferrera accompagné de Marc Grosjean, ancien joueur du club, ancien adjoint de Michel Preudhomme au Standard. Le club passe de la 5e place avec une impossibilité de rattraper Deinze, alors en tête du championnat mais une amélioration du jeu se voit et permet d’obtenir une 3ème place solide. Dès lors, comme chacun sait, la saison est interrompu au moins de mars compte-tenu des conditions sanitaires actuelles. La montée est donc gâchée d’un point de vue sportif puisque seul Deinze peut accéder à l’échelon supérieur et au monde professionnel. En ce sens que, la situation économique épouvantable de certains clubs belges offrent une lueur d’espoir au club de Mario Franchi. Les rouges et noirs réussissent à remonter du fait, du refus de licence pro accordé au KSV Roselare par l’Union Belge. En plus, il convient de rappeler la faillite du Sporting Lokeren. Ce faisant, il est important de contextualiser l’idée de la licence accordée en  Belgique puisque celle-ci oblige  l’obtention d’une licence par les clubs. De façon vulgaire l’on peut comparer son rôle à celui de la D.N.C.G. Si l’attitude du gendarme financier français s’avère poreuse au gré des années, son équivalence belge semble intraitable. Dès lors, avec le soutien financier du FC Metz, l’obtention d’une licence pro a été chose aisée pour le club dirigé par Mario Franchi qui l’explicite ci-dessous

Un début de saison tonitruant

Tout vient à point qui sait attendre ! Nous y sommes, le début de cette saison de nos Métallos au sein de l’antichambre du football belge. Un coach toujours en place, un noyau conservé à 80 % et des recrues, majoritairement prêtées par le vaisseau-mère. Une fois n’est pas coutume, les recrues messines rejoignent les rouges et noires avec une réelle motivation. Le deal est assez simple, gagner du temps, s’émanciper hors des bases, hors du cocon messin afin de s’aguerrir et prétendre ensuite d’intégrer le groupe de la Ligue 1.

  En cela, les nouveaux joueurs ont été accueillis à bras ouverts par l’ensemble du club selon les propos rapportés en début de saison par Marc Grosjean. La suite est connue puisque le club est la grande surprise de ce début de championnat. L’objectif affiché du club est le maintien en Proximus League, comme le rapporte Sami Lahssaini. Puis, le club réussit à se parer d’un artilleur dont la réussite ne surprend que les non-initiés en la personne de Georges Mikautadze. Le club a reçu également en prêt du FC Metz, le jeune gardien Guillaume Dietsch. Le Forbachois espère marcher dans les traces de Thomas Didillion et effectuer un retour triomphant en terre messine. Son début de saison est plutôt bon eu égard de sa prestation face à Lommel. Néanmoins, son statut n’est pas indiscutable et son inexpérience conjuguée à sa jeunesse peuvent lui jouer des détours. La patience est donc de mise. Certains supporters réclament néanmoins la titularisation de Maxime Mignon car il est le gardien de la saison dernière, il représente un supplément d’âme et son histoire est belle. En effet, à 30 ans, le belge est passé progressivement du 6ème échelon national (P2) à la D1B. Devant le gardien, se trouve le cœur du problème Sérésien cette saison : la défense. En effet, à l’image de ce que l’on connaît à Metz, les deux « backs » sont des pistons offensifs. Du côté droit, le jeune messin Yann Godart est barré par le très bon Iebe Swers, tandis que de l’autre côté se trouve Gérald Kilota dit Kiki.  Théo Pierrot, l’âme et capitaine du club est le Vincent Pajot local, qui dépanne en défenseur central. Il manque cependant un réel alter égo à lui apporter puisque ni  Benjamin Boulanger, ni Wagana Faye n’apportent entière satisfaction. De fait, avec le recul en défense de Théo, il manque un pied, un tacle, une vigie au milieu de terrain et cela peut s’en ressentir.

Au milieu de terrain, le retour de l’enfant prodige du club Sami Lahssaini est de bonne augure. En effet, le virevoltant milieu relayeur, est de retour, prêté par le FC Metz. Il compte effectuer une saison pleine et sa prise de masse musculaire n’est pas étrangère. Il réalise un bon début de saison et tente de combler l’absence de Théo Pierrot au milieu de terrain. Or, le milieu est composé de pléthore de joueurs techniques et il manquerait un joueur de la trempe de Pierrot afin de mettre un pied, d’apporter un surplus physique afin de ne faire tomber trop vite la ligne médiane. Néanmoins, la possession est globalement serésienne mais comme l’illustre le dernier match perdu à Deinze (3-0), il manque une concrétisation et une solidité défensive. Toutefois, l’on peut regretter que Brahim Sabaouni ne réalise pas le début de saison attendu et ne confirme pas ses prestations passées. Dans la lignée des joueurs techniques à vocation offensive, cette fois. Situé en numéro 10, Al Badaoui est le leader technique de cette équipe, il s’occupe de l’animation offensive, et bien aidé par l’apport des ailiers puisque Ablie Jallow et Antoine Bernier sont co-meilleurs donneurs d’assists du championnat. Or il semblerait qu’un casse-tête se profile pour le T1. La récente signature de  Danjiel Milicevic risque de pousser la concurrence à son paroxysme.

Enfin, se dresse l’atout offensif numéro 1 du R. FC Seraing en la personne de Georges Mikautadze. Le jeune messin es apparu l’an dernier pour la première fois en Ligue 1, lors de la défaite 4-1 à Nice. L’été dernier, son prêt a été âprement disputé par Mario Franchi et le club serésien face aux homologues messins réticents à l’idée de le prêter. Depuis,  il a enquillé 15 goals en 9 rencontres. Désormais il fait l’objet des médias et de certaines convoitises. L’on voit des médias messins, français et belges s’intéressaient à sa situation. Certains clubs de Jupiler League envient  et lorgnent sur le joueur phare du R. FC Seraing. par conséquent son début de saison est tout sauf une surprise si l’on se base sur ses statistiques. Néanmoins ses performances ne sont pas volées comme le souligne le capitaine serésien : « Quand il est arrivé, on était encore en période de confinement et on a fait de la course pendant 1 mois, lors des exercices de saut on a clairement vu la différence : joueur très vif. Une fois qu’il prend le ballon, il a une première touche de balle redoutable car il réussit à éliminer dès la première balle, une conservation très bonne aussi et il n’a pas besoin de quatre occasions pour en planter. On le ressent à l’entraînement donc ce n’est pas de la fumée pour nous. En clair c’est un gars simple et qui ne prend pas la grosse tête. Il marche sur l’eau et c’est aussi en partie par la qualité des joueurs qui lui donnent les ballons pour aller marquer » nous confie Théo Pierrot. En guise de conclusion sur l’équipe actuelle, il s’agit d’une équipe joueuse, qui suit les recommandations du coach, à savoir développer son style de jeu propre et de ne pas se contenter d’obtenir un score. « Notre bonne série ne doit pas nous faire perdre la tête, il faut savoir raison garder et prendre tous les matchs comme ils viennent. L’important est d’engranger un maximum de points afin d’être au plus vite capable d’obtenir le maintien, et ce qui doit se passer se passera, c’est à la fin du bal que l’on paie les musiciens et pas avant »  conclut Théo.

Une modernisation structurelle

Au cours de notre pérégrination au sein de notre club partenaire, nous avons vu tous les aspects du club, aussi bien l’historique que le présent. D’un club vu comme satellite du nôtre, il diffère à tous les points de vue puisque la modernisation est en marche. En effet, l’autonomie est totale pour Mario Franchi qui marche de concert avec les intérêts messins. La présence cette année notable de Frédéric Arpignon ou de Philippe Gaillot rend compte d’un réel intérêt du club messin envers son homologue. Dès lors, au niveau de la modernisation, l’accent est porté sur  la formation. Par conséquent, la mantra du FC Metz Groupe est bien d’utiliser cette stratégie de la formation afin de monter en gamme. En sus, la ville de Seraing a investi de sa poche quant à la création d’une académie. L’on évoque un investissement à hauteur de 2.7M€ pour la création de l’académie Jules Bocandé. En conséquence de quoi, le projet en cours d’achèvement connaît une école des jeunes de Seraing ou l’on peut évoluer sur un  terrain synthétique ainsi qu’un terrain en gazon pouvant accueillir une capacité totale de 600 jeunes pousses de la Province liégeoise et plus largement Wallone.

Il est aussi question de 10 vestiaires, des bureaux des locaux de stockages, d’une grande buvette panoramique semblable au futur rooftop de la tribune sud messin et d’une salle modulable afin d’accueillir des séminaires / réunions diverses. La surface totale compte pour 1300m2. Bernard Serin s’est fendu d’une déclaration pointant l’importance de la formation à Metz, à Dakar et donc désormais à Seraing.

En définitive, malgré le rachat et l’obtention d’un nouveau matricule 167, le Royal est un club dont l’histoire demeure. Aujourd’hui plus que jamais, l’espoir renaît et avec lui les rêves de retrouver un jour le fameux matricule 17, d’opérer à un changement de logo quant à retrouver la frange historique de ses supporters. A terme, l’idée n’est plus de fantasmer les belles années nonante mais de rêver à nouveau au Pairay par l’intermédiaire de ce R. FC Seraing là, en Jupiler League. Les affluences se sont pas celles du passé, mais l’avenir doit être le firmament de l’histoire de nos Métallos.

 

Rideau !

 Un immense merci à Alessio et Do qui ont été d’une aide redoutable quant à l’écriture de cet article serésien.

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