FC Metz – Stade Brestois 29 : retours croisés

FC Metz – Stade Brestois 29 : retours croisés


Ayé, c’est fini ! La belle série messine s’est achevée, ce dimanche à Saint-Symphorien. Après 8 matchs sans défaites, les hommes de Fred Antonetti se sont inclinés face à des brestois disciplinés et efficaces (0-2). Comme la semaine dernière, Quentin et Rémi de Grenat Factory, ainsi que Yannde Brest on Air, le podcast de référence des supporters du Stade Brestois, reviennent sur les tenants et aboutissants de cette rencontre, avant de débattre sur la préparation physique messine, remise en cause par de nombreux observateurs.

RETOURS CROISÉS SUR CE METZ-BREST

L’avis de Quentin

La série s’arrête enfin. Et c’est plutôt logique. En difficultés depuis plusieurs matchs, une équipe de Brest en forme depuis plusieurs semaines aura réussi à profiter des brèches que Dijon et Nantes n’auront su que partiellement exploiter. Paradoxalement, de ces trois matchs, la copie rendue contre les Bretons est sans doute la plus consistante, du moins pendant 45 minutes. Alors qu’on s’attendait à voir un FC Metz amoindri attendre patiemment d’entreprenants Brestois pour les prendre en contre, l’inverse se produit et en dépit d’une rapide ouverture du score – au combien évitable – Brest est globalement malmené et peine à exister autrement que par des contres assez mal joués la plupart du temps.

Côté messin, on observe un milieu relativement dominateur et une défense qui gagne le gros de ses duels. Surtout, offensivement, le trio Vagner – Nguette – Gueye fait mal à l’arrière garde brestoise qui peine alors à maîtriser le mouvement permanent de cette attaque. On peut voir aussi le Cap-Verdien dans le registre où on s’attendait à le voir, à savoir percutant et en recherche permanente de la combinaison plein axe. Sans un très grand Larsonneur, le léger avantage au score du SB29 aurait sans nul doute volé en éclats.

Au lieu de ça, les Bretons tiennent et en seconde période, une équipe messine apathique dans le domaine physique peine à repartir de l’avant. La rotation messine montre ses limites. Si Brest n’est pas beaucoup plus dangereux, nos Messins le sont en revanche nettement moins et multiplieront les déchets techniques. C’est ainsi qu’un FC Metz bâtissant son jeu sur la dimension physique se voit réduit à l’impuissance la plus totale. Un constat inquiétant quand on voit l’état de l’infirmerie – renforcée par la blessure au ménisque d’Udol – et les prochaines rencontres qui devraient fortement solliciter les organismes messins, notamment les matchs contre Strasbourg et Lens, deux équipes athlétiques.

Stade Brestois

L’avis de Rémi

Logique. Cette première défaite messine depuis plus de 2 mois vient sanctionner un match messin insuffisant dans le contenu, ou en tout cas insuffisant pour venir à bout d’une équipe brestoise qui, si elle n’a pas joué son meilleur football hier, était au moins bien mieux rodée.

Avec 5 titulaires absents (Udol, N’doram, Maïga, Pajot, Niane), Metz présente logiquement un onze moins performant, face à des Bretons au complet. Malgré une première mi-temps de plutôt bonne facture, avec du mouvement et des intentions, les Grenats, qui peinent à se créer des occasions véritablement franches, se heurtent à mi-distance à un Gautier Larsonneur qui aura fait son boulot. En face, l’efficacité est là : sur un corner anodin dévié au premier poteau, Oukidja ne ferme pas son angle et aucun défenseur ne protège le premier poteau : l’international algérien concède, pour une fois, un but totalement évitable. La seconde période sera un long fleuve tranquille pour les visiteurs. Gérant tranquillement leur avantage face à des messins très peu inspirés et à la peine physiquement, ils sortiront à quelques reprises sur contre pour se créer les meilleures occasions, avant qu’un John Boye malheureux n’envoie le piqué de Cardona au fond de ses propres filets.

Les messins n’auront jamais vraiment réussi à inquiéter des Brestois très bien en place et dominateurs dans leur surface, profitant de la maladresse des joueurs locaux : sur un important total de 28 centres tentés… seuls 4 ont été réussis. À l’inverse, les Brestois ont profité des contres pour attaquer un bloc messin déstructuré, et sur le reculoir, comme lors des deux derniers matchs. Cette capacité brestoise à faire mal et à aller au bout des contre-attaques est illustrée par cette statistique terrible du double pivot Angban-Fofana, qui totalise 1 tacle et 1 interception réussies au total, sur environ une heure de jeu, contre 8 tacles et 6 interceptions pour le duo brestois Belkebla-Lasne (sur 90mn).

Malgré de bonnes intentions, Metz est tombé sur plus fort et plus efficace que lui, hier après-midi. Pas forcément la meilleure manière de préparer un mois de décembre qui s’annonce très délicat.

AFP

L’avis de Yann (Brest on Air)

Avant tout, merci pour les 3 points ! On obtient déjà notre 2ème victoire à l’extérieur de la saison, soit autant que sur toute la saison passée. C’est le premier motif de satisfaction ici, on ne l’oublie pas. Sur le plan comptable, pareil tout est positif : 10 points d’avance sur la zone rouge, on regarde Lorient couler et Adrian Grbic pleurer. Que de bonnes nouvelles après un match à Metz !

Tu noteras que je n’ai pas pas dit « match de foot ». C’est volontaire. J’avais parlé avec quelques supporters du FC Metz avant le match, et globalement personne ne s’attendait à du grand football. Tout le monde avait raison ! Brest a fait un match maîtrisé, avec efficacité et discipline, mais n’a pas été franchement flamboyant. En face Metz a fait… Et bien pas grand chose. On savait que vous étiez limités offensivement, mais là c’était franchement assez minable. La tentative de crochet de Papa Yade quelques instants après sa rentrée… Pfiou, bel hommage au football amateur quoi.

De manière plus générale, je tiens à dénoncer l’incapacité des camarades de Metz qui avaient présentés Oukidja comme un mec imbattable et Delaine comme un papy en maison de retraite. Ça a été totalement l’inverse, avec votre gardien pas du tout exempt de reproches sur le 1er but et visiblement très nerveux… Et un Delaine très costaud, très chiant. De manière générale, c’est assez difficile de reprocher grand chose aux joueurs défensifs de Metz : Brest n’a eu que 2-3 occasions, et a marqué 2 buts. Mais quand tu joues face à une attaque comme la vôtre, c’est largement suffisant franchement… Vous êtes le seul club à faire rentrer Ambrose & Leya Isaka pour espérer égaliser quoi.

Alors, oui, notre gardien a également fait une très bonne partie. Mais ça n’empêche pas un match très satisfaisant sur le plan de la maîtrise – surtout à l’extérieur. Peu d’occasions concédées, de l’efficacité sur nos offensives, des contres éclairs plutôt bien menés… En plus, on s’est pas trop fait chier honnêtement. La 2ème MT a été un peu plus chiante, mais en observant avec une grande satisfaction le sentiment d’impuissance qui semble s’être emparé de l’adversaire. Pour être franc, on a regardé la fin du match main dans le froc ici. Et, sans vouloir paraître trop optimiste, on aborde la fin du championnat dans la même posture grâce à ces 3 points.

LA QUESTION : ÉTAIT-IL JUDICIEUX DE FORCER SUR LA PRÉPARATION PHYSIQUE DURANT LA TRÈVE INTERNATIONALE ?

Quentin : On peut en effet se poser la question quand, déjà amputée depuis longtemps de Niane et N’Doram, l’équipe doit se passer de Maiga, Pajot et Udol, dont les organismes auront dit stop avant la traditionnelle trêve hivernale. Ainsi, le technicien corse, en forçant sur les corps déjà touchés du groupe et fragilisés, a accentué encore un peu plus la fatigue déjà bien présente visuellement depuis quelques semaines. Ainsi, en plus d’Udol, c’est Tchimbembe qui a du déclarer forfait juste avant le match, et Bronn a fait peur au staff. Pousser les joueurs, oui. Mais le faire intelligemment, c’est mieux. D’autant plus quand la moitié de ton XI est déjà sur le flanc.

udol

Rémi : Encore une fois, il est difficile de se positionner sur la question. La préparation physique a bien évidemment été dosée et n’avait pas pour objectif d’affaiblir les organismes. Avant une longue série de matchs importants dans un calendrier très dense (10 matchs de championnat sur la période décembre-janvier), il est important d’avoir un effectif taillé pour tenir le choc. Parmi les joueurs présents à Frescaty pendant la trève, beaucoup n’ont pas énormément joué en ce début de saison, et de nombreux titulaires habituels étaient à ce moment en sélection. Parmi les blessés récents, peu peuvent être directement imputées à cette préparation : Maïga était en sélection, la blessure de Pajot était antérieure et s’est réveillée, Udol a, à coup sûr, une fragilité particulière au niveau des genoux… Un peu de mesure ne ferait pas de mal.

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